Réception du rapport de la Banque mondiale sur la situation économique de la RDC

‎Kinshasa, 24 mars 2026 (ACP).- Le gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC), à travers le vice-Premier ministre en charge de l’Economie nationale, a reçu mardi à Kinshasa  des mains du directeur des opérations à la Banque mondiale, le rapport sur la situation économique du pays à l’issue de sa présentation par l’économiste pays principal.

« Je vous remets ce rapport fruit de la collaboration entre la Banque mondiale et le gouvernement de la RDC, la société civile ainsi que de plusieurs partenaires », a déclaré Albert Zeufack, directeur des opérations à la Banque mondiale.

Selon ce rapport, la  croissance réelle du PIB en République démocratique du Congo a ralenti à 5,5% en 2025 contre 6,1%  en 2024, a indiqué M. Cédric Déguénonvo, économiste pays principal à la Banque mondiale lors de la présentation du rapport.

‎« En RDC, la croissance réelle du PIB a ralenti passant de 6,1% en 2024 àenviron 5,5% en 2025, mais elle est restée supérieure àla moyenne de l’Afrique subsaharienne. Le secteur minier est le moteur de l’expansion continue, l’augmentation significative de la production et des exportations de cuivre ayant partiellement compensé l’impact de l’interdiction des exportations des cobalts entre février et octobre 2025 », a fait savoir M. Déguénonvo. 

‎Il a indiqué que dans l’ensemble la croissance réelle du PIB de la RDC est restée fortement concentrée sur le secteur à forte intensité de capital et la création d’emploi formelle a été limitée. 

‎Cet expert a fait remarquer que la position extérieure s’est améliorée en 2025, l’augmentation des exportations du cuivre ayant atténué l’impact de l’interdiction d’exporter le cobalt. Le déficit courant s’est réduit passant de 4,2% du PIB en 2024 à environ 3,6% en 2025, grâce au volume important des exportations des cuivres et du prix élevé de l’or. 

Le même rapport a relevé que l’inflation a fortement baissé passant de 11,7% à la fin de l’année 2024 à 2,3% à la fin de l’année 2025 grâce au resserrement monétaire soutenue par l’appréciation du taux de change et, à la baisse de prix des denrées alimentaires et des carburants au niveau international. 

‎Dans le même cadre, les pressions budgétaires se sont intensifiées en 2025. Le déficit budgétaire global est passé de 1,9% du PIB en 2024 à environ 2,9% en raison de l’augmentation de dépenses de sécurité et de salaires dans le secteur public, conjuguée à une baisse de recettes fiscales dans les zones touchées par le conflit dans l’Est de la RDC. 

‎A cet effet, les dépenses des défenses ont triplé d’une année à l’autre, atteignant 3,4% du PIB en 2025, en réaction à l’insécurité croissante dans l’Est. Malgré ces précisions, l’encours de la dette publique reste faible, estimé à 23,2% du PIB, et le risque de surendettement est jugé modéré. Toutefois, les risques budgétaires augmentent, en particulier ceux liés aux entreprises publiques, qui représentent environ 42% de la dette extérieure. 

‎Le franc congolais s’est apprécié à environ 30% par rapport au dollar américain au cours de l’année 2025, contribuant ainsi à la stabilité des prix et à l’amélioration de confiance. 

‎Ces résultats viennent des réformes monétaires et le maintien de ses acquis qui nécessitent une discipline continue des politiques macroéconomiques. 

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Perspectives avenirs

De g à d, le ministre de l’Economie, la vice-ministre des Finances et le Directeur des opérations de la BM

‎‎Les perspectives économiques sont globalement favorables mais soumises à d’importants risques à la baisse. La croissance économique devrait rester forte autour de 5,1% entre 2026 et 2028 grâce à l’activité minière soutenue au grand projet d’infrastructures. 

‎La source a cité notamment, la centrale hydroélectrique Inga 3 et le corridor de Lobito ainsi qu’un environnement macroéconomique stable avec une inflation modérée. La consolidation budgétaire devrait reprendre, soutenue par des réformes de la digitalisation de l’administration fiscale et un renforcement du contrôle des dépenses. 

‎‎Cependant, la position extérieure devrait s’améliorer grâce à l’augmentation de la production du cuivre, à l’assouplissement des restrictions sur l’exportation de cobalt et à une croissance modérée des importations. 

‎La Banque mondiale a, en outre, noté que les perspectives sont vulnérables à la volatilité des prix des matières premières, à l’affaiblissement de la croissance parmi les principaux partenaires principaux, au retard dans la mise en œuvre des réformes et à l’insécurité persistante dans l’Est de la RDC. Bien que la RDC présente un risque modéré de surendettement, les entreprises publiques sont devenues une source majeure de vulnérabilité budgétaire. 

‎En 2023, les dettes de ces entreprises publiques représentaient 7,3% du PIB, soit 42% de la dette extérieure et les performances financières de ces entreprises publiques au cours de la dernière décennie ont été faibles. 

‎Recommandations

‎La Banque mondiale a recommandé au gouvernement congolais de faire en sorte que les entreprises publiques jouent un important rôle dans la fourniture d’infrastructures et le soutien au développement industriel dans le pays où les marchés financiers domestiques sont peu développés, leur faiblesse est devenue une source importante de risque budgétaire et d’inefficacité macroéconomique. 

‎Elle a cité l’exemple, qu’au cours de la dernière décennie les entreprises publiques de la RDC ont souffert des pertes financières persistantes d’une trésorerie assez tendue et d’inefficacité opérationnelle accrue. 

‎‎« Entre 2014 et 2023 les pertes cumulées ont atteint environ 5,3 milliards USD, soit une moyenne de plus de 500 millions USD soit l’équivalent de 0,7% du PIB et correspondant au budget annuel du secteur de la santé », a-t-on indiqué. 

‎La Banque mondiale a noté que les deux dernières décennies, le programme de réforme des entreprises publiques de la RDC a permis des progrès graduels mais ceux-ci ne se sont pas encore traduits par des améliorations opérationnelles durables. 

‎‎La Banque mondiale a également, recommandé l’amélioration des pratiques de gestion de la rationalisation de la main- d’œuvre afin d’atténuer le risque budgétaire et de soutenir la productivité à long terme. 

‎ « La RDC devrait recourir à des réformes pour renforcer la performance de la gouvernance des entreprises publiques », a dit M. Déguénonvo. 

‎Le dernier rapport de la Banque mondiale sur la RDC a été présenté en mai 2025, tandis que le prochain est attendu dans 6 mois. La cérémonie a, outre  le staff de la Banque mondiale et le vice-Premier ministre Mukoko Samba, connu la participation active de la vice-ministre des Finances et du représentant des Experts comptables.   ACP/ C.L

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