Secteur extractif : la digitalisation des institutions recommandée dans un atelier à Kinshasa

Kinshasa, 28 septembre 2026 (ACP).- La digitalisation des institutions et leur interconnexion a été recommandée lundi au gouvernement à Kinshasa, en République démocratique du Congo(RDC), lors d’un atelier de dissémination du premier rapport sur le diagnostic de corruption dans le secteur extractif.

« La recommandation la plus importante, que nous avons préconisé, c’est une digitalisation généralisée des institutions (…). En tout cas, dans le secteur minier, que le Cadastre minier (CAMI) puisse être en relation avec les régies financières (DGDA, DGRAD, DPEM). Cela peut nous permettre de mieux capter les flux qui sont en train de se perdre », a déclaré Zaina Pasi, conseillère chargée du Numérique et de la lutte contre le flux financiers illicites au sein de l’Agence de prévention et de lutte contre la corruption (APLC).

« La corruption est endémique en RDC. Donc, le travail est de longue haleine, mais c’est un travail qui doit être envisagé entre plusieurs secteurs. C’est pour ça que la collaboration entre les institutions est vraiment très importante. Et beaucoup agir en prévention, en éducation aussi », a-t-elle ajouté.

Mme Pasi a fait savoir à cette occasion, que les instruments juridiques existent et qu’ils sont en train d’être renforcés, notamment avec la loi anticorruption qui vient renforcer le dispositif.

« Nous avons quand même de l’espoir, parce qu’ici, dans la loi anticorruption, on a essayé de corser les sanctions », a-t-elle soutenu, avant de présenter le livret des bénéficiaires effectifs des entreprises intervenant dans le secteur.

Parmi les causes et facteurs de corruption, il y a l’opacité dans l’attribution de certains carrés miniers, hors appel d’offres, l’ opacité dans la gestion des revenus des joint-ventures au profit de circuits parallèles plutôt que du Trésor public, l’ insuffisance d’expertise propre de l’ Agence congolaise de l’ Environnement, le non-respect du chronogramme du cahier des charges envers les communautés locales par certains opérateurs miniers, la contamination des chaînes de valeur illicites par les minerais issus des sites non contrôlés,  le blanchiment de capitaux via des centres de négoce opaques et la fraude transfrontalière.

Par ailleurs, la conseillère de l’APLC a souhaité que ce travail de dissémination soit fait avec les institutions du secteur et la société civile pour rendre certaines recommandations contraignantes.

Le secteur extractif représente environ 95 % des recettes d’exportations du pays et contribue à hauteur de 40% au Produit intérieur brut (PIB).

Ce diagnostic, mené par l’APLC et la société civile avec l’appui de NRGI (Natural Ressource Governance Institut), s’est concentré géographiquement sur l’ex- province du Katanga (Lualaba et Haut – Katanga), épicentre de la production industrielle et artisanale de cuivre et de cobalt.

 ACP/Munk/Miz

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