Trois questions au coordonnateur de la Cellule de l’agriculture de conservation du ministère de l’Agriculture et Sécurité alimentaire

Kinshasa, 16 fév. 2026(ACP).-   La baisse de la production due aux perturbations climatiques et à la perte de la fertilité des sols  a poussé les producteurs à aller vers les terres plus fertiles afin de maintenir leur production. 80% des produits agricoles consommés en RDC proviennent des agriculteurs qui font de l’agriculture itinérante sur brûlis, principale cause de la déforestation. 

L’agriculture a ainsi été accusée d’être à la base du changement climatique.

Pour pallier à cette situation, le gouvernement a mis en place, depuis 2022, le document de la Politique de l’Agriculture Durable « PAD » adopté lors de la réunion du Conseil des ministres du 17 février 2023. 

Cette politique vise à lutter contre le changement climatique, à réduire au minimum la déforestation et à préserver autant que possible les couverts forestiers dans des zones à hauts potentiels de la biodiversité et de séquestration de carbone forestier pour mettre un terme à la déforestation et orienter les cultures pérennes et commerciales vers les zones de savanes et de forêts dégradées.

Pour mettre en application cette politique, la Cellule de l’Agriculture de Conservation « CACC » a été créée et inscrite au journal officiel.

 La CACC a pour mission de promouvoir l’agriculture de conservation sur  toute l’étendue du territoire national afin de contribuer à la protection de l’environnement, à la biodiversité par la sédentarisation des agriculteurs et l’augmentation de la capacité d’adaptation des producteurs agricoles aux effets de changements climatiques. Compte tenu de l’importance du sujet ,  l’ACP a approché un expert en la matière pour  en savoir plus.

ACP: Monsieur le Coordonnateur, expliquez-nous, c’est quoi l’agriculture de conservation?

Coordonnateur : « D’après l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), l’agriculture de conservation est un système cultural qui permet de prévenir les pertes de terres arables tout en régénérant les terres dégradées. Elle favorise le maintien d’une couverture permanente du sol, une perturbation minimale du sol et la diversification des espèces végétales. Elle renforce la biodiversité et les processus biologiques naturels au-dessus et au-dessous de la surface du sol. Ce qui accroît l’efficacité de l’utilisation de l’eau et des nutriments et à améliorer durablement la production végétale ».

ACP : Y a- t- il une différence fondamentale avec l’agriculture proprement dite ?

Coordonnateur : « La différence existe dans ce sens que l’agriculture de conservation se base sur la santé des sols. Elle regroupe un ensemble de techniques agricoles destinées à protéger le sol de l’érosion et de toutes les formes de dégradation. Et repose sur 3 piliers à savoir, le non labour ou la perturbation minimum du sol, la couverture permanente du sol et la rotation ainsi que la diversification des cultures. Elle répond ainsi aux trois dimensions à savoir, économique, environnementale et sociale du développement durable et de l’agro écologie. Donc, une agriculture durable. 

L’agriculture de conservation régénère la fertilité des sols, limite l’érosion et réduit les coûts de carburant alors que l’agriculture conventionnelle utilise le labour et de nombreux intrants chimiques. Elle est pointée pour son impact sur les ressources naturelles et en particulier sur la dégradation des sols ». 

ACP: Quelles sont les activités que vous avez déjà menées sur le terrain?

Coordonnateur : « Jusqu’à ce jour, la cellule de l’agriculture de conservation n’a pas encore mené des activités de ses différentes feuilles de route. Toutefois, elle a accompagné la mission de vulgarisation du document de la Politique de l’Agriculture Durable dans la province de la Tshopo et du Sud- Ubangi où elle a pris une part active pour faire voir aux producteurs , après avoir fait la récolte, d’ évacuer des champs tous les débris des récoltes qu’ils brûlent, ce qu’ils considèrent comme mauvais pour leurs champs constitue en fait la base de la fertilité.  

L’objectif de la CACC est  de contribuer à la protection de l’environnement et de  la biodiversité par la réduction de la pression fait sur la forêt et par l’augmentation de la capacité d’adaptation des producteurs agricoles aux effets du changement climatique ». ACP/

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