Kinshasa, 19 février 2026 (ACP).-Une mission d’évaluation de la campagne agricole 2025-2026 dans la province de la Tshuapa, en République démocratique du Congo a été déployée afin en vue de préparer la distribution des intrants et de renforcer les dispositifs d’appui à la production, selon un communiqué consulté jeudi par l’ACP.
« La délégation du ministère de l’Agriculture et Sécurité alimentaire, conduite par l’inspecteur Eva Tshibangu, a été accueillie à Boende dans le cadre d’une importante mission d’évaluation de la campagne agricole 2025-2026 dans la province de la Tshuapa, avec comme objectif de faire le point sur la mise en œuvre des activités, de préparer la distribution des intrants et de renforcer la structuration des dispositifs d’appui à la production », a-t-on lu.
Selon le communiqué, différentes équipes sont déployées dans toutes les provinces du pays afin de présenter les objectifs de la campagne agricole 2025-2026 et d’échanger avec les acteurs locaux.
Au centre de la mission à Boende figure l’évaluation des Centres d’amélioration et d’adaptation pour la Production des Semences Familiales (CAAPSA).
Initialement conçues comme centres d’adaptation et de protection des semences améliorées, ces structures ont évolué pour devenir de véritables pôles techniques de production et de diffusion de semences de qualité.
Pour Christophe Bonyutu, membre de la délégation : « Les CAAPSA accueilleront des brigades dotées d’intrants complets, à savoir des semences certifiées, des engrais et des équipements de motorisation agricole dans l’ambition d’étendre les superficies cultivées et d’accroître les rendements dans un territoire aux fortes potentialités agricoles. »
La mission à Boende vise également à baliser le terrain avant la distribution prochaine de matériels et d’intrants agricoles à l’échelle du territoire.
Un « ratissage large » est prévu afin de couvrir l’ensemble des zones de production identifiées comme des terroirs stratégiques.
Les équipes procéderont en priorité à la visite des CAAPSA, considérés comme les points névralgiques de la campagne. « C’est là que tout va se passer », a souligné l’Ir Bonyutu Efulu, qui a également insisté sur la nécessité d’un accompagnement étroit des autorités provinciales pour la planification, la sécurisation des acteurs et le bon déroulement des opérations.
Innovation notable
Parmi les innovations, la source a noté l’introduction de Kobo Collect, un outil numérique de collecte de données qui permettra de centraliser des informations clées, notamment sur l’état administratif des services agricoles du territoire, les supérficies cultivées par village, l’organisation des CAAPSA ainsi que les ressources humaines techniques et administratives.
Cette digitalisation du suivi vise à améliorer la traçabilité, la planification et l’efficacité des interventions publiques dans le secteur agricole.
Pour Michel Ifesu, inspecteur provincial, l’arrivée de cette délégation revêt une portée symbolique majeure, précisant qu’elle démontre la rigueur et le sérieux qui entourent l’action publique menée par le ministre Muhindo Nzangi.
À travers cette mission, le ministère de l’Agriculture entend consolider les bases d’une production accrue et structurée, capable de répondre aux besoins alimentaires locaux et de soutenir le développement rural.
La province de la Tshuapa, riche en terres arables, est appelée à jouer un rôle stratégique dans cette dynamique nationale, a noté la source.
Une équipe à Walikale
D’autre part, souligne la même source, une équipe conduite par le conseiller Roger Kamate, dont les missionnaires envoyés à Walikale, ont commencé la journée du mercredi 18 février 2026 par une réunion avec les représentants des coopératives agricoles et des ASBL intervenant dans le secteur agricole.
Il s’agissait de les sensibiliser à la constitution en coopératives agricoles, de préparer les documents nécessaires lors du passage à leurs bureaux, d’identifier et de localiser les champs qui seront visités sur le terrain.
Les constats des lieux
Selon le communiqué, en mission de suivi-évaluation de la campagne agricole 2025-2026 dans la province du Haut-Uélé, la délégation du ministère national de l’Agriculture et de la Sécurité alimentaire a dressé un constat amer caractérisé par l’abandon du Centre d’Appui à la Production et à la Sécurité Alimentaire (CAPSA) de cette partie du pays situé à une dizaine de kilomètres d’Isiro, en territoire de Rungu.
Dépêchés sur instruction du ministre d’État, Muhindo Nzangi, dans le cadre de la vision du Président Félix Tshisekedi, les experts ont procédé à l’évaluation technique des infrastructures et des équipements du site. La mission a aussi relevé que des infrastructures sont en état de dégradation et un patrimoine menacé ainsi que la dégradation de plusieurs bâtiments, l’arrêt quasi total des activités de production ainsi que l’occupation irrégulière de certaines parties du domaine.
Ce tableau, a ajouté la mission, contraste avec les ambitions assignées au CAAPSA, conçu comme un levier stratégique pour renforcer la production agricole locale, l’encadrement des producteurs et la contribution à la sécurité alimentaire dans la province du Haut-Uélé.
Une alerte pour la relance de la campagne 2025-2026
Les experts ont estimé que la situation actuelle compromet l’atteinte des objectifs de la campagne agricole 2025-2026 si des mesures correctives urgentes ne sont pas prises.
Ils ont recommandé notamment la sécurisation foncière du site, la réhabilitation des infrastructures prioritaires et la redynamisation de l’encadrement technique.
La mission, ont–il dit, s’inscrit dans la dynamique de réforme agricole prônée par le gouvernement afin de faire de l’agriculture, un pilier de diversification économique et de création d’emplois en milieu rural.
Les experts ont, en outre, plaidé pour la restauration de l’autorité de l’État et la vocation productive.
Au-delà du simple constat, cette mission a mis en lumière la nécessité de restaurer l’autorité de l’État sur les infrastructures agricoles publiques et de protéger le patrimoine productif national contre toute forme d’occupation illégale.
Le cas du CAAPSA du Haut-Uélé apparaît ainsi comme un test pour la crédibilité des politiques agricoles en cours. La réussite de la « revanche du sol sur le sous-sol » dépendra non seulement des investissements annoncés, mais surtout de la capacité à préserver, réhabiliter et rentabiliser les outils existants au service des producteurs et des communautés locales. ACP/C.L.

