Un « tribunal populaire » recueille des violations commises par des entreprises extractives 

Kinshasa, 2 octobre 2025(ACP).- Un « tribunal populaire » a été établi mercredi lors d’un atelier organisé à Kinshasa, la capitale, pour recueillir des cas de violations des droits communautaires commises par des entreprises extractives en République démocratique du Congo, a appris l’ACP jeudi d’une coalition de la société civile.  

‎« Aujourd’hui, pour pouvoir faire avancer cette cause, nous avons estimé qu’il faut jouer sur l’opinion, en portant au Tribunal permanent des peuples que nous avons mis en place, les questions concernant les violations des droits des communautés

‎par des entreprises  extractives. Ce qui permettra de recueillir ces cas de violations des droits communautaires », a déclaré Jean Claude Katende, membre de la Coalition des organisations de la société civile pour le suivi des réformes et de l’action publique en RDC (Corap) et membre du jury du « tribunal permanent des peuples ». 

‎« Il faut d’abord relever le fait que sur les questions qui concernent les violations de droits des communautés en termes de ressources naturelles, il y a eu trop peu d’engagements de la part de la justice congolaise sur ces questions et pour plusieurs raisons, dont le fait que beaucoup d’avocats comme moi-même, comme d’autres et les juges, ne possèdent pas assez de connaissances techniques sur la question », a-t-il ajouté, indiquant que les données recueillies pourront plus tard faire sujet des plaidoyers à engager auprès des autorités concernées et du gouvernement.

‎Selon lui, cette mini session du « Tribunal Permanent des Peuples » vise à faire comprendre, en partageant les expériences sur la justice alternative, et à faire entendre les voix des communautés locales, particulièrement de Muanda, un territoire du Kongo Central dont les ménages sont affectés par l’exploitation du pétrole. Aussi, il servira à identifier les cas à soumettre à la grande session qui sera organisée prochainement. 

Témoignages des communautés touchées

Selon certains acteurs représentant les communautés de Muanda, plusieurs ménages sont affectés directement ou indirectement par des projets des entreprises extractives, notamment celles exploitant le secteur pétrolier. 

‎« Il y a pollution des eaux par des déchets des entreprises pétrolières, telle que Perenco à Muanda. Même l’eau que nous buvons n’est pas bonne pour la santé, puisqu’elle est contaminée par cette exploitation », a révélé M. Gospel Kitima, habitant de Muanda et acteur de la société civile. 

‎‎Pour sa part,  Aloré Makosso, a insisté sur le fait que dans le village Tchende, territoire de Muanda, des problèmes environnementaux ont été constatés, tels que la destruction des arbres fruitiers, notamment les mandarines, les orangers, les cocotiers. ‎« Des végétations sont détruites, il y a des inondations dans les rues alors qu’auparavant, il n’y avait pas eu des inondations, tout ça c’est à cause de l’arrivée de la société Péron Coréen dans notre terre », a-t-il dit. 

‎Ce Tribunal établi est un outil d’accompagnement des communautés locales affectées par l’extra-activisme. Il  s’inscrit dans la philosophie d’une justice alternative, car elle permettra de favoriser la participation des communautés locales, des ONG et des mouvements citoyens pour porter haut les revendications en faveur de la prise en compte et du respect des droits mis aujourd’hui à rude épreuve par les défis découlant de la mondialisation et de l’impunité économique, a-t-on rappelé. ACP/JF

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