Kinshasa, 2 novembre 2025 (ACP).- La pauvreté des parents a été présentée dimanche, comme un facteur occasionnant l’abandon scolaire chez les enfants ainsi que leur exploitation commerciale pour la survie des familles, selon une enquête menée par l’ACP sur les rues de Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo (RDC).
«La pauvreté a occasionné l’exploitation des enfants, par les parents, à des fins commerciales ainsi l’abandon scolaire de certains enfants. Il est urgent que l’État, les ONG et les acteurs économiques travaillent main dans la main pour offrir des alternatives viables à ces enfants. L’éducation doit redevenir un droit accessible, pas un privilège », a déclaré Maria Mobari, présidente de la fondation éponyme.
Elle a plaidé pour la mise en place de programmes de bourses communautaires et de réinsertion scolaire adaptés aux réalités socio-économiques locales.
Elle a fait savoir que sa fondation soutient la scolarisation des enfants issus des familles vulnérables.
« Créée en 2018, la fondation « Maria Mobari » œuvre dans la scolarisation des enfants issus de familles défavorisées. Nous luttons contre le travail des mineurs », a dit cette actrice sociale, avant de préciser que sa structure milite également pour promouvoir l’autonomisation des mères célibataires à travers des formations et microcrédits.
Interrogés par l’ACP, ces enfants vendeurs ont exprimé à la fois le courage et la détresse d’une jeunesse contrainte de choisir le travail plutôt que les études.
Pour eux, la vente ambulante est bien plus qu’une activité d’appoint : c’est une question de survie. «Je vends les chikwangues de ma mère ici à Kapela. Si je ne vends pas, on ne mange pas », a déclaré Gracia Amundala, âgée de 12 ans, élève en 4ᵉ année primaire, qui jongle entre l’école et la vente de produits alimentaires.« Moi, je n’ai plus de parents. Je viens tous les jours à la place Shaba pour cirer les chaussures. Quand je gagne bien, je peux acheter à manger et payer ma chambre », a expliqué Junior Vangu, 14 ans, cireur de chaussures depuis deux ans.
De son côté, Adèle Kikaya, commerçante au marché Jakarta a déploré le fait que ces enfants soient exploités, plutôt que d’aller à l’école pour leur avenir. «Ces enfants devraient être à l’école, pas dans la rue. Mais quand tu parles avec leurs parents, ils disent qu’ils n’ont pas les moyens de payer les frais scolaires », a-t-elle décrié.
Cette enquête a révélé un phénomène social préoccupant où plusieurs jeunes travaillent pour survivre, et cela au prix de leur scolarité, un dilemme qui interroge sur la responsabilité collective dans la protection et l’avenir des enfants de la rue. Dans ces lieux très fréquentés de Kinshasa, ces enfants âgés de 8 à 15 ans travaillent souvent dès le lever du jour. Beaucoup de ces enfants exercent ces activités pour soutenir leurs familles confrontées à la précarité. D’autres, abandonnés ou orphelins, dépendent entièrement de cette activité pour se nourrir. L’enfance se confond avec la débrouillardise. L’absence d’un encadrement social et la pauvreté des ménages sont les principales causes de cette situation. Plusieurs enfants, particulièrement les filles finissent dans des mariages ou grossesses précoces. Face à cette situation, il est impératif de mettre en place des mécanismes d’encadrement et de protection des enfants pour protester leurs droits, notamment à la scolarisation et à la santé. Ceci en vue de leur garantir un avenir meilleur. ACP/C.L.

