Dénonciation de la présence d’enfants dans les rues de Kinshasa

Kinshasa, 25 juillet 2025 (ACP).- La présence des enfants dans les rues de Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo, a été dénoncée vendredi par un défenseur de droit de l’enfant, lors d’une interview accordée à l’ACP.

«En ma qualité d’ambassadeur et défenseur des droits de l’enfant, je condamne fermement la présence d’enfants dans les rues, les lieux ouverts et les marchés de Kinshasa», a déclaré Thierry Kasongo, défenseur des droits de l’enfant 

«Nous appelons l’État congolais à prendre ses responsabilités pour assurer le retour de ces enfants dans leurs familles, car la famille est le lieu où ils peuvent bénéficier de la gratuité de l’éducation», a-t-il appelé.

M Kasongo a exprimé sa vive inquiétude face au nombre alarmant de plus de 20.000 enfants dans les rues à Kinshasa, qu’il considère comme un «danger pour la société». Il a mis en garde contre la possibilité que ces enfants puissent, à l’avenir, former un «gouvernement de la rue» et nuire à la société.

Pour remédier à cette situation critique, il faut que la loi portant protection de l’enfant, promulguée par le Chef de l’État en 2009 soit appliquée, a-t-il ajouté, avant de rappeler l’existence des tribunaux pour enfants, des avocats et des professionnels dédiés à la défense des droits des enfants, déplorant que ces structures ne soient pas pleinement utilisées.

Par ailleurs, M Kasongo a critiqué les centres philanthropiques hébergeant des enfants.

«Je dénonce leurs conditions de vie déplorables, le manque de matériel essentiel +mousses, draps, lits, eau, vêtements de rechange, savon+ et certains de ces centres de prisons à ciel ouvert», a-t-il indiqué.

Il a également mis en lumière des pratiques abusives telles que la vente d’enfants, la maltraitance, la privation de droits et l’exploitation des enfants, forcés de mendier dans la rue au nom de ces centres. «Il faut que ces structures non viables soient fermées et à la promotion de centres respectant les normes de protection de l’enfant», a-t-il invité.

Il a exhorté l’État, en tant que responsable des enfants et des centres philanthropiques, à trouver des mécanismes efficaces pour protéger les enfants. Il a suggéré l’implication des plus de 40.000 éducateurs sociaux travaillant dans les divisions des affaires sociales, du genre, de la famille, de l’enfance, de la jeunesse et du plan, dont il estime qu’ils ne sont pas suffisamment mis à contribution.

«Nous disons non à cela et nous voulons que les choses puissent se rétablir, que l’enfant puisse être respecté», a-t-il conclu.

ACP/ODM

Fil d'actualités

Sur le même sujet