Kinshasa, 11 mars 2026 (ACP).- Pendant que le monde entier d’une manière générale, consacre chaque année, le mois de mars aux droits des femmes, en République démocratique du Congo (RDC), une question revient encore à l’esprit, celle de savoir si le Leadership féminin est réellement un droit légalement acquis ou une position à bâtir au sein de la société congolaise.
Cette question vaut tout son pesant d’or d’autant plus que cette année, le thème choisit pour célébrer mars porte sur : «Droits garantis : autonomisation durable pour toutes les femmes et les filles en RDC». Un thème au centre des débats autour des droits des femmes, du pouvoir féminin, du leadership assumé, de la place des femmes dans les instances décisionnelles et la lutte contre les violences basées sur le genre (VBG). Bien que les femmes émergent dans différents secteurs, la sous-représentassion féminine demeure en RDC.
Pourtant, la Constitution, étant une base légale, soutient la promotion de l’égalité des genres, notamment en son article 14.
Sur 2.024 élus aux différentes élections en RDC, les hommes représentent 1.737, soit 85,82% contre 287 femmes, soit 14,18%. A la tête des provinces, seulement une femme élue contre 25, soit 4%. Au niveau du gouvernement central, on note une légère augmentation du taux de représentativité féminine évalué à 32%, soit 17 femmes sur 53 membres. Au sein de l’Administration publique, seulement 10 femmes occupent le poste de secrétaire général contre 59 hommes.
Face à cette réalité, la femme congolaise doit se poser la question de savoir si elle est libre de construire son leadership ou si elle doit toujours rester enfermée dans les attentes d’un système patriarcal où sa promotion, mieux son élévation dépend des autres, d’une paternité.
Le leadership féminin, une force de transformation sociale
Le leadership féminin ne peut plus être une simple vitrine, il doit, au contraire, constituer une force de transformation sociale. La question n’est plus seulement d’entrer dans les espaces de décision, mais plutôt de savoir si les femmes entrent tout en étant libre de parler, d’agir, de penser et de transformer réellement la donne; ou si elles sont encore contraintes d’obéir à un diktat pour jouir pleinement de son autonomie.
Il est temps que les Congolaises arrêtent les célébrations symboliques et les discours de convenance. L’heure est à la réflexion et à l’action concrète. Pour transformer les normes sociales en RDC, les femmes doivent renforcer leur autonomisation. Il est crucial d’investir davantage dans l’éducation des filles, de mettre en œuvre, voire d’imposer des quotas stricts dans les instances de décision (politique/entreprise) et de soutenir financièrement les programmes de mentorat et l’entrepreneuriat féminin.
Il est également important de renforcer les capacités des femmes ministres, parlementaires et leaders sur le leadership.
En outre, le Leadership féminin ne doit pas être vu seulement sous un prisme politique. Il doit s’élargir dans tous les secteurs de la vie nationale. Le monde des affaires, le secteur scientifique, le domaine des recherches et autres, sont autant des pistes à explorer par la femme en vue de s’y investir et de bâtir sa place au sein de la société.
Droits à garantir pour une autonomisation durable
Les stéréotypes sociaux ainsi que les violences de tout genre freinent l’autonomisation réelle de la gent féminine congolaise. L’autonomisation durable des femmes repose sur la garantie de droits fondamentaux, notamment l’accès égal à l’éducation et à la santé, l’indépendance économique (propriété, emploi), droit de vivre sans violence, et participation pleine à la vie politique et publique. Ces droits, notamment l’accès aux ressources et la lutte contre les discriminations, sont essentiels pour transformer leur rôle dans la société. Dans cette lutte l’autonomisation économique des femmes s’avère indispensable. Pour cela, il faudra faciliter. L’accès au crédit et financer les petites entreprises créées par des femmes pour favoriser leur indépendance. Il faudrait également faciliter l’accès à la terre aux agricultrices. Le réseautage et la solidarité entre femmes constituent une clé pour ouvrir les portes d’un changement évolutif d’un leadership durable. Il faut multiplier des réseaux des femmes leaders, des alliances entre organisations de la société civile (OSC) et créer plus d’espaces d’échange pour partager des expériences. Il faudrait aussi impliquer les communautés et les institutions pour garantir la durabilité des actions, notamment par de campagne de sensibilisation.
Ces actions nécessitent un engagement collectif et le soutien des pouvoirs publics et de la société civile pour garantir une transformation durable des mentalités. Il est temps que la femme conquière réellement le pouvoir, sans être sélectionnée, validée ou approuvée à condition de ne pas déranger l’ordre établi. Les femmes congolaises doivent agir ensemble pour retrouver leurs places au sein des institutions et des instances décisionnelles, notamment en soutenant les candidatures et les initiatives féminines. C’est à ce prix que se construira le vrai pouvoir féminin.ACP/

