Kinshasa, 10 octobre 2026 (ACP)- Les jeunes filles vivant avec handicap ont été exhortées à connaitre leurs droits pour mieux se positionner dans la société, samedi à Kinshasa, en République démocratique du Congo (RDC), lors de la 3ème journée de la 12ème édition du Forum international des élites féminines (Fief-RDC).
« Jeunes filles vivant avec handicap, je vous exhorte aujourd’hui à connaître vos droits pour aller de l’avant. Maintenant, ce n’est plus un sujet de charité, mais plutôt un sujet de droit », a déclaré Hortense Okobonga, présidente de la Fédération nationale des associations des personnes vivant avec handicap du Congo (Fenaphaco).
« Je vous invite à bannir la peur, la honte, le complexe d’infériorité, et participer aux grandes assises dans lesquelles on parle des jeunes filles, porter haut la voix de la jeune fille vivant avec handicap : rien sur nous sans nous », a-t-elle ajouté.
Mme Okobonga a également invité ces jeunes filles à mettre leurs compétences en œuvre pour leur réussite. « Mettez vos compétences en œuvre et vous verrez que la réussite sera au rendez-vous. Un lâche ne gagne jamais, et un gagnant ne lâche jamais. Que votre désir de réussir soit plus grand que votre peur d’échouer », a-t-elle martelé.
Elle a insisté sur bannissement de la discrimination, « Que la discrimination n’arrête pas votre vision. Si le plan A ne marche pas, pratiquez le plan B », ajoutant que cette activité s’aligne à un slogan devenu cri de ralliement : « Fille vivant avec handicap, lève-toi ! Fille vivant avec handicap, lève-toi ! Fille vivant avec handicap, lève-toi, prends ton destin et marche ! »
Témoignage d’une victime sur la discrimination
Par ailleurs, Mme Okobonga a partagé l’histoire de sa vie, étant qu’une PVH.
« Dans ma jeunesse, j’ai été victime de la discrimination liée à mon handicap. À l’école primaire, j’ai subi la discrimination auprès des élèves qui se moquaient de l’imitation de ma façon de marcher, de fois ça me rendait triste « , a-t-elle raconté.
« J’ai supporté ce traitement difficilement, malgré tout ça, j’ai réussi à terminer les études primaires avec brio. En secondaire, c’était encore pire, puisque l’enseignant qui était censé me protéger était devenu lui-même l’acteur principal de cette discrimination », a-t-elle déploré.
Elle a fait savoir que malgré cette torture morale, il y avait aussi un autre enseignant, le seul qui l’avait soutenu jusqu’à obtenir son diplôme d’État.
« À l’Université de Kinshasa (Unikin), j’ai eu encore les problèmes, l’inaccessibilité dans les bâtiments, l’inaccessibilité dans les auditoires. Mais j’ai quand même tenu le coup (…). Et me voilà aujourd’hui parmi vous, femmes de valeur de notre continent africain et celle de mon pays la RDC. Tout cela prouve que j’avais la détermination », a-t-elle conclu.
Cette rencontre des femmes africaines se clôture le 11 octobre à Kinshasa. Plus de 300 femmes et jeunes filles africaines participent à ce forum international.
Le Fief organisé durant quatre jours jours, soit allant du 8 au 11 octobre, est placé sous les thématiques axées sur l’IA, l’entrepreneuriat numérique, le leadership féminin, les droits des femmes, la santé sexuelle et reproductive, la prévention des violences basées sur le genre (VBSG), la masculinité positive, la
diplomatie, la consolidation de la paix ainsi que les mécanismes de réparation
pour les victimes.
ACP/Aos/ Kik/ Tshim/PN

