Mbuji-Mayi, 30 janvier 2026 (ACP). La condition de vie des personnes atteintes d’albinisme a été abordée à Mbuji-Mayi, chef-lieu du Kasaï Oriental, dans le centre de la République démocratique du Congo (RDC), lors d’un entretien vendredi avec le président de la fédération des Associations des albinos de ladite province.
«Être albinos n’empêche en rien de diriger, d’inspirer ou de prendre des responsabilités, c’est à dire, l’albinisme est une condition génétique qui affecte la pigmentation de la peau, de cheveux et parfois de la vision, mais cela n’a aucun impact sur les capacités intellectuelles, le courage, la créativité ou le leadership», a déclaré Alex Ciowela, président de la fédération des associations des albinos du Kasaï Oriental.
«C’est à dire, les points que je peux épingler sont les suivants : la capacité de diriger, le leadership dépend de la vision, de la compétence, de l’intégrité et de la capacité à rassembler les autres, il ne dépend pas de l’apparence physique, exemple, aujourd’hui, je suis élu président de tous les étudiants dans une institution d’enseignement supérieur et universitaire, on n’a pas tenu compte de la peau ni de la vision ou de tout autre chose, mais ça dépend de la capacité et des ambitions que j’avais», a-t-il ajouté
«Le deuxième exemple est que, dans plusieurs pays, les albinos sont des artistes, militants, enseignants, entrepreneurs et leaders communautaires etc. Leur parcours prouve que, l’albinisme n’est pas une limite, mais cela ne peut pas nous empêcher d’être capable en tout et pour tout», a-t-il renchéri.
Par ailleurs, il a annoncé qu’une sensibilisation de personnes vivant avec albinisme sera organisée pour les stimuler à défendre leurs droits, lors de la célébration de la journée mondiale de Personnes vivant avec albinisme.
«Pour la journée du 13 juin de cette année, nous allons sensibiliser les personnes vivant avec albinisme à ne plus croiser les bras, ils sont aussi capables de défendre leurs droits, c’est à dire, ils sont capables d’affronter les élections qui sont prévues en 2028, ils sont capables d’affronter le leadership partout. Je leur demande de ne pas se sous-estimer, ce sont des personnes comme les autres avec la peau noir», a-t-il conclu.
Les albinos souffrent en général d’exclusion, de discrimination et de marginalisation au sein des communautés dans lesquelles ils vivent, selon du Programme des Nations Unies pour le développement (Pnud).
«Cette marginalisation se manifeste dans plusieurs secteurs de la vie publique. Ils ont par exemple de la peine à trouver un emploi, à accéder aux soins de santé appropriés, au mariage, à la scolarisation. Les enfants albinos ne se sentent pas aimés par leurs parents, frères et surs. Les femmes albinos font l’objet de discrimination de la part des autres femmes. Les femmes qui donnent naissance à un albinos sont souvent sujettes à des railleries et un rejet».
ACP/ODM

