.Kinshasa, 15 janvier 2026 (ACP).- La masculinité positive a été présentée comme le seul moyen et espoir pour prévenir et mettre fin aux mariages précoces au Kasaï Oriental, dans Centre de la République démocratique du Congo (RDC), lors d’une journée de sensibilisation organisé à l’occasion de la campagne «Jeudi en noir».
«En ce jeudi en noir, nous mettons en lumière un problème crucial soulevé par le Dr Teddy Kalenda, technicien de santé au Programme national de la santé de l’adolescent (PNSA) du Kasaï-Oriental : le mariage précoce des jeunes filles. Ce phénomène encore répandu malgré les efforts de sensibilisation, entraîne des conséquences graves pour la santé des adolescentes, notamment des complications liées à la grossesse prématurée», a déclaré Carlin Vese, expert en engagement communautaire au sein de l’Association pour le bien-être familial et naissance désirable (AbefND).
Il a indiqué que selon Dr Teddy, les filles doivent atteindre au moins 20 ans avant de se marier pour garantir une maturité physique et génitale suffisante à une grossesse en toute sécurité.
Il est alarmant de constater que, bien que la loi interdit le mariage des mineurs, de nombreux mariages précoces se déroulent en cachette, souvent sous forme d’arrangements informels entre les familles, sans enregistrement officiel. Cela témoigne d’une méconnaissance généralisée des risques liés à ce type de pratiques, non seulement pour les filles, mais aussi pour la société dans son ensemble, a-t-il ajouté.
Dans ce contexte, a dit M Vese, cette approche se révèle fondamentale, elle vise à sensibiliser et à transformer les mentalités des hommes et des garçons sur leur rôle dans la santé reproductive et sexuelle, les incitant à soutenir les femmes et filles dans leur épanouissement personnel», a-t-il dit.
M Vese a fait savoir que l’intégration de cette approche dans les programmes de santé et d’éducation, comme le PNSA, est un levier essentiel pour prévenir le mariage précoce et changer les comportements nuisibles.
Les initiatives de masculinité positive devraient être renforcées, conformément à la Stratégie nationale de promotion de la masculinité positive portée par le ministère du genre, famille et enfant à travers la Cellule technique mixte de la masculinité positive (CTM+), pour mieux impliquer toutes les parties prenantes et lutter contre cette violation des droits humains, souvent ignorée et renforcée par des pratiques culturelles discriminatoires et inégalitaires, a-t-il suggéré.
Le modèle socio-écologique, qui intègre la transformation des comportements et des mentalités à la lumière de la masculinité positive, demeure une condition essentielle pour faire face aux défis posés par le mariage précoce et offrir à chaque jeune un avenir épanoui et respectueux de ses droits, a renchéri l’expert.
«Jeudi en noir», invite à une prise de conscience collective et à l’action pour que la jeunesse, particulièrement les filles du Kasaï-Oriental, puissent grandir dans un environnement sûr et propice à leur épanouissement. ACP/C.L.

