Kinshasa, 04 novembre 2025 (ACP).- Les enjeux de l’intelligence artificielle (IA), la cybersécurité, les contraintes et les formes de violences sexistes en ligne ont été au centre d’une formation à l’intention des femmes journalistes, lors d’un atelier mardi à Kinshasa, en République démocratique du Congo (RDC).
«Cet atelier s’inscrit dans le cadre du Plan d’action des Nations unies sur la sécurité des journalistes et la question de l’impunité, qui rappellent que la protection des journalistes ne doit pas être uniquement réactive, mais aussi préventive», a déclaré le Dr Isaias Barreto da Rosa, représentant de l’Unesco.
M Barreto da Rosa a fait savoir que cet atelier placé sous le thème: «Chat GBV: Sensibiliser à la violence sexiste facilitée par l’intelligence artificielle à l’égard des femmes journalistes», a également été question de renforcer les capacités des journalistes sur les potentiels et mesures à prendre dans l’utilisation des plateformes numériques.
Cette protection exige des réformes juridiques, une amélioration des conditions de travail, et une mobilisation collective pour défendre la liberté d’informer, a-t-il poursuivi, avant de souligner que protéger les femmes journalistes, c’est agir pour une presse libre et pour des institutions plus équitables, faire taire une femme journaliste en ligne, c’est réduire des milliers des femmes au silence.
Selon lui, la défense de la liberté de la presse est indissociable de la défense de la démocratie.
«Protéger les journalistes, c’est protéger le droit de chaque citoyen à accéder à une information libre, fiable et pluraliste. C’est aussi garantir que les voix des femmes, en particulier celles qui enquêtent, dénoncent et racontent, ne soient pas réduites au silence», a-t-il soutenu.
Les femmes journalistes, a-t-il dit, sont de plus en plus ciblées par des attaques numériques, par des campagnes de harcèlement et par des contenus générés pour les discréditer ou les intimider.
«Ces violences ont un effet dissuasif sur la liberté d’expression et sur la participation des femmes dans l’espace public. En République Démocratique du Congo, cette problématique est particulièrement préoccupante, les journalistes sont régulièrement menacés, agressés ou tués», a relevé le représentant de l’Unesco en RDC
Par ailleurs, M. Da Rosa a rassuré l’assistance de la lutte de l’Unesco face à l’impunité.
«Je tiens à vous assurer que l’Unesco reste engagée à lutter contre l’impunité, à promouvoir la sécurité des journalistes, et à construire aux cotés des institutions, un environnement numérique plus sûr, plus équitable et plus respectueux des droits humains», a-t-il rassuré
Célébration de la Journée Internationale de la fin de l’impunité pour les crimes commis contre les journalistes
Pour sa part, Rose Masala, directrice exécutive de l’Ucofem a salué cette initiative qui est une grande opportunité pour toutes les femmes qui œuvrent dans le domaine des médias.
«Nous sommes rassurées qu’à travers cet atelier, nous serons aguerries des différents enjeux de l’heure sur les risques spécifiques auxquels les femmes des médias sont confrontées dans l’espace numérique. Nous sommes sûres qu’à la fin de cet atelier, nous aurons des connaissances qui vont nous permettre de revendiquer nos droits en cas d’harcèlement, de discrimination ou d’intimidations. Car vu la matière qui sera abordée, nous sommes confiants d’apprendre la cybersécurité adaptée pour une meilleure protection dans l’espace numérique», a-t-elle indiqué.
Cet atelier organisé par l’Unesco, en collaboration avec le ministère de la Communication et médias et de l’Union congolaises des femmes des médias (UCOFEM), était ouvert par le secrétaire général au ministère de la communication et médias, à l’occasion de la célébration de la journée internationale de la fin de l’impunité pour les crimes commis contre les journalistes.
ACP/ODM

