Kinshasa, 10 mai 2026(ACP).-La femme hutu congolaise a été qualifiée samedi de courageuse , travailleuse infatigable, cultivatrice dévouée, commerçante dynamique, intellectuelle brillante pleine de bonnes manières et hospitalière, ouverte et respectueuse d’autres cultures lors de la célébration de la première journée culturelle de la Communauté hutu à Kinshasa (capitale de la République démocratique du Congo).
«C’est avec une immense émotion et une profonde gratitude que je prends ce jour la parole au nom de la présidente des Mamans hutu (Mahu) empêchée, pour célébrer avec fierté les 40 ans de notre association Mahu Asbl et rendre un vibrant hommage à la gardienne de notre culture, à savoir la merveilleuse femme hutu congolaise. Ce jour est particulièrement remarquable et émouvante car elle coïncide avec l’organisation de la lère journée dédiée à la célébration de notre identité culturelle. Qui est la femme hutu ? C’est cette maman et fille courageuse et brave, travailleuse infatigable, cultivatrice dévouée, commerçante dynamique, intellectuelle brillante, pleine de bonnes manières et hospitalière, ouverte et respectueuse d’autres cultures», a déclaré Nicole Mashako ,Vice -présidente des Mahu, chargée des projets.
«C’est cette maman, qui par sa tendre fermeté apprend à ses enfants la valeur et l’amour du travail bien fait ainsi que le sens de l’honneur et le respect de son semblable sans distinction. Cependant, nous ne pouvons pas célébrer cette femme hutu sans avoir une pensée pieuse pour nos mamans et sœurs, qui depuis plus de trois décennies, subissent dans leur chair et âme les atrocités de la guerre dans l’est de notre pays. Elles paient un lourd tribut à travers toute forme de violences basées sur le gendre particulièrement les violences sexuelles qui brise la cohésion familiale, la perte de leur autonomie financière et de leur vie suite l’abandon de leur village, champ et récoltes, la disparition de proches», a-t-elle ajouté.
Mais, au-delà de cette triste réalité, elle a indiqué que la femme hutu reste débout, toujours résiliente, artisane de la paix et actrice de développement socio- économique.
Vers les années 1980, a-t-elle poursuivi, quatre mamans visionnaires à savoir: Joséphine Kimonyo, Françoise Sebangenzi, Antoinette Ndimubanzi ,Mechtidide Mike Kemo de d’heureuse mémoire ont eu l’idée de créer un cadre regroupant les toutes les femmes hutu congolaises dans le but de contribuer au renforcement des liens de fraternité et de solidarité, à la préservation des valeurs culturelles congolaises et au développement socio-économique de la RDC.
«Il fut donc décidé après concertation avec d’autres mamans la création de la mutuelle appelée Mamans Hutu(Mahu), devenue par la suite MAHU /Asbl qui est une association réunissant toutes les femmes hutu congolaises établies à l’intérieur et à l’extérieur des frontières nationales»., a-t-elle dit.
En outre,Mme Mashako a signifié que les pionnières de l’association ont effectué plusieurs réalisations qu’on ne pouvait pas toutes détaillées ici.
«Mais voici en résumé quelques faits marquants: la création de l’association,la sensibilisation de toutes les femmes de la communauté en vue de leur adhésion à cette vision, la dotation de l’association des documents administratifs (statuts et règlement d’ordre intérieur) pour son bon fonctionnement;, l’obtention des tous les documents juridiques indispensables pour le déploiement de l’association sur toute l’étendue du pays notamment la personnalité juridique, l’agrément au ministère de l’Agriculture, la publication dans le journal officiel, la création des cellules Mahu dans les districts de la ville province de Kinshasa.L’installation de Mahu en provinces et au niveau international .L’implication totale des mamans hutu dans la médiation pour la résolution des conflits entre les membres de la communauté».
Elle a également cité l’assistance des femmes déplacées en vivres et non vivres collectés auprès des membres de la communauté,l’apport du soutien à la scolarité à certains enfants Hutu démunis, l’apprentissage des Mahu aux techniques de fumage de poisson.Et la création d’un groupe folklorique et d’une chorale ainsi qu’un comité directeur.
Faire de Mahu une force économique et sociale
Par ailleurs, Mme Mashako a fait savoir que la vision de l’actuel comité Directeur de Mahu est clair : faire de Mahu une force économique et sociale au niveau national et international, capable d’impacter de manière significative la vie de la femme hutu afin de contribuer davantage, au développement socio-économique de la communauté et de la RDC en général.
« Ceci posse déjà par La création de la marque déposée » MAHU/ wa Maman ni Maendeleo » qui est désormais l’identité économique de notre association (comme vous avez eu l’occasion de voir cela sur certains produits exposés dans les stands).L’organisation de la vente des produits fabriqués par les membres sous le label « MAHU »‘ ,l’identification progressive des mamans Hutu, leur organisation et regroupement selon les domaines d’activités en vue la valorisation de leurs talents et de promouvoir de leurs compétences», a-t-elle expliqué.
La consolidation des acquis de Mahu, a -elle poursuivi, en redynamisant les activités par la tenue des réunions mensuelles rotatives chez les membres des cellules, la mise sur pled d’un cadre de collaboration avec «nos belles sœurs en or comme nous aimons si bien les appelées, regroupées dans l’Association MAPENDO que je salue très affectueusement et remercie pour la présence remarquable en ce lieu».
«Vous qui avez choisi par amour d’intégrer notre communauté, sachez que nous comptons sur vous pour relever ensemble le défi l’éducation et du développement intégral des filles et fils hutu dont vous êtes mères. Et à moyen terme, le renforcement des capacités des membres par diverses formations sur les activités génératrices de revenus et l’assistance dans l’élaboration des projets bancables.La réalisation de toutes ces actions ne sera possible qu’avec l’implication de chacune de vous, voila pourquoi je vous invite à vous approprier davantage ce programme d’actions en vue du rayonnement de notre association», a-t-elle conclu.
ACP/C.L.

