Kinshasa, 7 juillet 2026 (ACP).- L’entrepreneuriat a été présenté comme une réponse crédible, durable et porteuse d’espérance à l’autonomisation des femmes, lors de la première édition de la Foire de l’entrepreneuriat de la femme Africaine (Fefa) tenue vendredi à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo (RDC).
«L’entrepreneuriat apparaît comme une réponse crédible, durable et porteuse d’espérance. Le moment est venu de transformer les résultats de la recherche en actions concrètes. Notre ambition est de créer une plateforme permanente où les femmes africaines pourront apprendre, exposer leurs produits et services, développer leurs entreprises, nouer des partenariats, accéder à des opportunités de financement et ainsi partager leurs expériences», a déclaré professeure historienne Emilie Zola Kalufuaku, initiatrice de la foire
«Notre mission consiste à promouvoir l’entrepreneuriat féminin, renforcer les capacités des femmes, valoriser le patrimoine culturel africain, encourager la consommation des produits locaux, ce que nous appelons +Made in Africa+, fabriqué en Afrique, et contribuer au développement économique de notre continent», a-t-elle ajouté.
«Notre devise est simple, mais profondément significative. Entreprendre, préserver et transmettre. Entreprendre parce que les développements passent par la création des richesses; préservée parce que notre identité culturelle constitue un patrimoine inestimable et transmettre parce que nous préparons les générations futures», a-t-elle ajouté, tout en soulignant qu’avant l’apparition des grandes théories économiques contemporaines, les femmes africaines étaient déjà des entrepreneures.
Elles cultivaient la terre, transformaient les produits agricoles, fabriquaient des objets artisanaux, commerçaient sur les marchés, géraient les économies familiales et assuraient la transmission de savoir-faire d’une génération à l’autre, a-t-elle renchéri.
Selon elle, avant l’arrivée des théories économiques, les femmes africaines étaient des bâtisseuses des richesses, des créatrices des valeurs et des actrices de développement, aujourd’hui, le contexte est différent, mais les défis demeurent immenses.
«Le salariat, longtemps considéré comme la principale voie d’insertion professionnelle, ne suffit plus à répondre aux besoins de nos communautés. Les crises économiques, les conflits, les déplacements des populations. Les effets du changement climatique et les mutations technologiques nous obligent à repenser nos modèles de développement», a poursuivi l’initiatrice de FEFA.
Les femmes invitées à préparer leur relève
«Nous devons assurer ce qu’on appelle l’intergénérationnalité. Nous devons assurer notre développement, et les femmes ont une grande responsabilité, prôner l’entrepreneuriat féminin, c’est aussi suivre la vision du Président de la République, qui veut et est chef de la masculinité positive», a fait savoir Mme. Marie-Rose, représentante de la ministre du Genre, avant d’ajouter que la patronne du Genre, famille et enfant va prendre l’engagement de faire le plaidoyer pour que cette structure ne meure pas.
De son côté, Julie Tshodia Mwamba, marraine de cette première édition, les femmes congolaises et africaines n’abandonnent jamais.
«J’ai remarqué que même en allant dans le Congo profond, vous rencontrez des femmes qui, malgré tout, ont le sourire et ont toujours cette volonté de se battre, pourtant les conditions de vie sont très difficiles. Les femmes sont debout, même quand elles sont fatiguées. Les femmes sont debout, même quand elles n’ont pas beaucoup d’espoir. Elles restent fortes et résilientes. Alors, on peut rendre un hommage vibrant à toutes ces femmes qui sont dans des zones de conflit, des déplacés, des victimes de violences», a-t-elle conclu.
Cette foire prend sa source dans un travail de recherche mené à l’université de Lubumbashi, une thèse de doctorat soutenue en 2014, réalisée grâce à une course de la coopération, universitaire au développement dans le cadre de la thématique culture et développement des sociétés africaines. Cette recherche intitulée « Femmes africaines d’Elisabethville et la construction de la société coloniale de 1910 à 1960 » avait pour objectif de comprendre la place qu’occupaient les femmes africaines dans la construction économique et sociale de la société congolaise.
ACP/P L/Mok

