Kinshasa, 7 septembre 2026 (ACP).- Les bonnes pratiques de l’hygiène intime de la femme définies comme l’ensemble des soins et gestes destinés à laver les organes génitaux externes, ont été expliquées par une gynécologue lundi à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo (RDC).
«L’hygiène intime de la femme se fait avec de l’eau propre et claire. Elle consiste à nettoyer et entretenir la vulve. La vulve est le contour du vagin, à proximité de l’anus. Dans certaines conditions, on peut conseiller des solutions lavantes, mais neutres, à pH physiologique, dans des cas limités. En dehors de cela, l’eau propre, sans ajout, est la plus conseillée», a déclaré Dre. Dîna Mambu, gynécologue.
Selon elle, concernant la technique et la fréquence, mettant en garde contre les infections croisées et l’excès d’hygiène, il faut se nettoyer avec les mains propres, le mouvement de nettoyage est d’avant en arrière, l’inverse ramène les microbes de l’anus vers la voie intime.
«Il y a plusieurs pratiques normalisées qui ne sont pas scientifiques. Certes, le clou de girofle a des propriétés antibactériennes, mais son utilisation sans recommandation médicale n’est ni conseillée ni nécessaire. La flore génitale de la femme a ses propres défenses et la protège contre les microbes externes», a-t-elle poursuivi.
«Quand vous utilisez des antiseptiques, des savons, des produits alcoolisés, vous risquez de détruire ces défenses et finalement de fragiliser la femme. La surexposition au nettoyage est également déconseillée. Il est recommandé de faire sa toilette une seule fois par jour pour éviter la colonisation de certains microbes dans cette zone. Pendant la menstruation, exceptionnellement, vous pouvez la faire deux fois par jour. Pendant cette période également, il est déconseillé de garder la même bande au-delà de quatre heures. Dans de rares cas, vous pouvez aller jusqu’à six heures, mais pas au-delà», a-t-elle précisé.
La gynécologue a conclu sur une règle d’or à ne jamais transgresser.
«L’hygiène intime s’arrête au niveau de la vulve et peut-être aussi de l’anus. Ne jamais laver l’intérieur du vagin. Dans le vagin, il y a aussi des microbes pour sa protection. Et quand vous faites entrer des produits pour laver le vagin, vous vous exposez à des infections uro-génitales. Le vagin se nettoie naturellement. À moins que quand il y a déjà une infection, vous allez chez le médecin. Il faut également éviter tout tissu qui contient du parfum, de l’alcool ou autre dans cette zone et toujours utiliser des tissus neutres», a-t-elle insisté.
Pour sa part, Mme. Suzy Mankenda, femme mariée et mère de quatre enfants, a partagé son expérience personnelle axée sur la simplicité et la propreté de l’environnement. Pour elle, il faut bien entretenir son environnement, utiliser de l’eau propre dans cette partie étant la plus sensible du corps féminin et exigeant beaucoup d’attention.
«Il faut prendre soin de soi et de son milieu. Les sanitaires doivent être propres, nettoyés avec de l’eau de Javel pour éviter les infections, encore plus quand ils sont communs. Que ces installations soient turques ou à fosse septique», a-t-elle dit.
Par ailleurs, elle a déploré certaines modes à risque chez les jeunes filles.
«Aujourd’hui, les jeunes filles portent des pantalons sans sous-vêtements. C’est une façon de s’exposer volontairement. Le sous-vêtement doit toujours être propre et repassé et le meilleur choix, c’est le coton. Peu importe le tissu du vêtement, la partie où se pose notre intimité doit être en coton, c’est vraiment important», a-t-elle relevé.
La notion de l’hygiène pendant les menstruations
Évoquant la gestion des menstruations, elle s’est souvenue de son éducation à l’internat chez les Sœurs de la Charité.
«Là-bas, on nous a appris à utiliser des linges. Tu mets le matin, vers midi tu enlèves, tu rinces, tu mets dans ton petit seau, tu te changes. Après mes règles, je lave très bien et je repasse. Mais aujourd’hui, nous avons des serviettes qu’on jette partout», a-t-elle regretté.
Elle a enfin appelé à la vigilance face aux vendeuses de rue et aux conseils vus sur les réseaux sociaux.
«Quand vous allez à Zando, à Gambela, il y a toutes ces dames qui se disent savantes. Sur TikTok aujourd’hui, il y a des savons qu’il faut introduire. Or, l’introduction est proscrite, surtout si ce n’est pas médical. On s’expose à des choses compliquées, voire irrémédiables. Quand on sent une infection, il faut voir le médecin», a-t-elle conclu.
Une bonne hygiène intime repose sur le nettoyage externe de la vulve à l’eau tiède ou avec un soin lavant doux, en évitant absolument l’intérieur du vagin pour ne pas perturber la flore naturelle. ACP/Tshimb. (SP)/Mok

