Kinshasa, 20 octobre 2026 (ACP).- L’intégration des droits humains et du genre dans la collecte et le traitement de l’information a été au cœur d’un atelier organisé mardi par Journalistes pour les droits humains (JDH/JHR), à l’intention des professionnels des médias de Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo(RDC).
« Ce que nous attendons des journalistes, après cet atelier, est qu’ils puissent intégrer d’abord la matière dispensée, et que chaque fois que le journaliste, de la presse écrite, de média en ligne, de la radio,…, descende sur le terrain pour faire un papier et des reportages, qu’il tienne en compte de droits humains et aussi du genre, dans la collecte tout comme dans les traitements des articles», a déclaré Lucie Ngusi, consultante chez JDH/JHR.
Elle a ainsi cité deux éléments cruciaux dans le travail d’un journaliste des
médias des droits notamment ; avoir un regard critique sur les événements de tous les jours, afin de déceler les problèmes liés aux droits de l’homme ainsi que l’identification des parties concernées et leurs obligations correspondantes en lien avec le problème.
Par ailleurs, lorsqu’il s’agit d’une investigation qui concerne les violations des droits humains dans les zones minières artisanales, Me Lievain Gibangula, un autre intervenant, a encouragé les journalistes congolais à évite des généralisations hâtives mais plutôt documenter les faits sur base de certificats médicaux et de témoignages corroborés.
«Des creuseurs artisanaux clandestins ou semi-légaux sont victimes de brutalités physiques, d’extorsions et d’exactions graves attribuées à la garde d’une entreprise minière privée ou à des éléments des forces de l’ordre commis à la sécurisation du site. Le journaliste doit procéder à une série d’étapes notamment ; le recueil des faits, le recoupement, la contre-enquête tout en évitant des généralisations hâtives, et documentant les faits sur base de certificats médicaux et de témoignages corroborés », a-t-il démontré.
En outre, une grille d’évaluation rapide comprenant cinq critères de contrôle d’une information sensible au genre a été proposée au journaliste ou au rédacteur en chef avant de valider ou de diffuser tout article ou reportage. Il a cité entre autres ; «la fiabilité des sources, le respect du contradictoire, la rigueur lexicale, la sécurité des sources, et l’éthique ainsi que la responsabilité qui demande si le reportage contribue-t-il à informer de manière objective sans inciter à la haine tribale, ethnique ou régionale».
Au total, vingt trois (23) journalistes de Kinshasa, ont pris part à cette formation de renforcement des capacités pour produire une information «rigoureuse» sur les droits humains et à mieux représenter les femmes et les filles dans les médias en RDC.
Elle est inclue dans le projet « Amplifier la voix des femmes et des filles» de JDH/JHR avec pour objectif d’aider les journalistes à comprendre les fondements des droits humains et distinguer les titulaires de droits des détenteurs d’obligations dans une situation congolaise; construire un reportage fondé sur les droits humains, avec un angle précis, des sources diversifiées et un plan de vérification, intégrer le genre dans la collecte et le traitement de l’information, réduire les stéréotypes et adopter une démarche respectueuse des personnes concernées ainsi que de produire une proposition individuelle de reportage applicable dans sa rédaction.
ACP/H/T/MUK

