Kinshasa, 02 février 2026 (ACP).- La présence de la gent féminine aux postes de décision, notamment par la nomination récente de dix (10) femmes secrétaires générales, soit 14% contre 59 hommes, soit 86% n’est nullement un effet de surprise, mais plutôt une évidence légalement disposée, donc une situation normale traduisant une volonté politique remarquable en République démocratique du Congo (RDC).
En effet, l’article 14 de la Constitution du 18 février 2006, telle que modifiée en 2011 stipule que «la femme a droit à une représentation équitable au sein des institutions nationales, provinciales et locales. Les pouvoirs publics ont l’obligation d’assurer la parité homme – femme et de promouvoir la femme».
La Loi n° 15/013 du 1er août 2015 portant modalités d’application des droits de la femme et de la parité, dans son article premier, fixe les modalités d’application des droits de la femme et de la parité, conformément à l’article 14 de la Constitution. Au regard donc de ces dispositions légales, il est clairement établi que ces femmes au sein de l’administration publique reflètent simplement la composition de la société pour atteindre une parité naturelle où le genre n’est plus un critère de sélection ni un sujet de débat.
Actuellement, voir des femmes à des postes de haute responsabilité (président délégué général, ministres, directrices générales) ne doit plus être perçue comme une situation « exceptionnelle » ou un accident de parcours. C’est un fait normal devant qualifier ou élever la femme sur base de ses compétences, de la méritocratie. L’idéal c’est donc d’arriver au stade où la promotion de la femme aille de pair avec l’évolution de la démocratie et de la société congolaise en tenant compte des principes et lois établis dans le strict respect des bornes requises. C’est ici un appel à passer d’une égalité de façade à une égalité réelle et structurelle au sein du pouvoir.
Le progrès vers l’égalité par des actes
Dire que les femmes sont égales aux hommes ne suffit pas. Il faut le prouver en leur donnant des postes de responsabilité (« nomination après nomination ») comme c’est le cas avec la nomination, vendredi 30 janvier 2026 des femmes aux postes de secrétaires générales. Chaque petite victoire est importante et doit être protégée pour ne pas revenir en arrière, car l’égalité est un chantier permanent qui se bâtit patiemment par des résultats tangibles.
A en croire Adelard Ikasa Apangwa, coordonnateur de l’ASBL les «Amis de Maman Liliane Bemba (AMLB)», l’égalité hommes-femmes n’est pas acquise automatiquement par des lois ou des discours, mais doit se concrétiser par des actes réels comme la nomination des femmes à des postes clés. Selon lui, il faut transformer chaque petite victoire en progrès durable jusqu’à ce que la parité soit une réalité normale et incontestée. «L’égalité nécessite des faits (nominations, promotions), pas seulement des promesses. Chaque avancée, minime soit-elle, doit être protégée et renforcée.
La parité se bâtit petit à petit (nominations successives)», bien que la parité réelle soit encore lointaine.
Le Chef de l’État, Félix Tshisekedi, depuis son avènement au pouvoir s’est engagé à promouvoir l’égalité des chances entre hommes et femmes. A ce titre, le Chef de l’État poursuit sa vision d’élever les femmes au sein du gouvernement et des principales institutions du pays, à l’exemple de la nomination d’une femme comme Première ministre, prouvant qu’il est »Champion de la masculinité positive ».
La nomination de 10 femmes secrétaires générales sur 69 postes de la Fonction publique représente une reconnaissance de leurs compétences et de leurs expertises, renforçant ainsi la légitimité féminine dans l’administration publique. C’est un pas vers l’inclusion, nécessitant des mesures d’accompagnement pour assurer un impact durable. Cette représentation accrue des femmes aux instances décisionnelles a pour but d’inspirer les futures générations de femmes à viser des postes de direction.
Il s’agit d’une étape positive et encourageante, mais qui souligne le besoin de poursuivre les efforts pour une véritable parité. ACP/JF

