Kinshasa, 4 avril 2026 (ACP).- L’exposition quotidienne des femmes de la République démocratique du Congo (RDC) aux substances chimiques contenues dans les mèches synthétiques de basse qualité a été présentée comme un enjeu de santé publique majeur, a-t-on appris samedi, dans un échange avec un médecin à Kinshasa.
« À la croisée des données scientifiques et des réalités vécues dans les salons de coiffure de Kinshasa, la question des mèches synthétiques dépasse désormais le simple cadre esthétique pour la femme congolaise. L’usage de fibres synthétiques de « qualité douteuse », très prisées pour leur coût abordable, est un danger « silencieux » pour la fertilité et expose les consommatrices à des perturbateurs endocriniens», a déclaré le Dr Thierry Mbemba, médecin généraliste à la clinique « La Résurrection » à Mont-Ngafula.
Selon le praticien, l’usage de fibres synthétiques de « qualité douteuse », très prisées pour leur coût abordable, est un danger « silencieux » pour la fertilité et expose les consommatrices à des perturbateurs endocriniens.
« Ces substances chimiques, qui miment les œstrogènes, peuvent dérégler le cycle hormonal et affecter gravement la fertilité de la femme », a-t-il dit.
Le Dr Mbemba a souligné que le cuir chevelu, extrêmement vascularisé, absorbe ces produits par le biais des micro-lésions causées par des tresses trop serrées.
« Le danger est souvent silencieux. Beaucoup de femmes pensent que le problème se limite aux démangeaisons ou à la chute de cheveux, mais les risques pour les femmes enceintes et les dysfonctionnements immunitaires sont réels », a-t-il insisté.
Face à ce constat, le corps médical a appelé les femmes congolaises à une prise de conscience.
En outre, il a recommandé vivement de privilégier les mèches naturelles ou de haute qualité, de vérifier systématiquement la provenance et les certifications sanitaires des produits avant la pose, ainsi que de limiter les coiffures trop compressives qui agressent les tissus cutanés.
Cette problématique, encore peu documentée localement malgré l’omniprésence de ces produits sur le marché congolais, appelle à une attention accrue des autorités sanitaires et à une meilleure information des femmes sur l’exposition prolongée à ces substances dont les effets s’inscrivent dans la durée.
ACP/UKB

