Kinshasa, 22 mai 2026 (ACP).- Un projet pilote de réinsertion socio-économique destiné à 50 femmes et filles vulnérables issues de Goma, Sake et Nyiragongo, au Nord-Kivu, dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC), a été lancé vendredi à Goma pour répondre aux défis sociaux, psychologiques et économiques de ces victimes, a-t-on appris de source associative.«
Ce projet de réinsertion des femmes et filles vulnérables est une initiative qui a pour objectif de répondre concrètement aux défis sociaux, psychologiques et économiques auxquels font face plusieurs victimes d’exploitation et d’abus sexuels dans la province du Nord-Kivu », a déclaré Mignonne Zaina, directrice générale de la fondation Biesther (Fobe).
« Loin d’être un simple programme d’assistance, ce projet vise de restaurer la dignité des bénéficiaires à travers l’autonomisation économique, l’accompagnement psychosocial et la création d’activités génératrices de revenus », a-t-elle ajouté. Mme Zaina a indiqué qu’elle prévoit également un système de suivi continu, de mentorat et d’encadrement communautaire , afin de garantir une réinsertion durable des participantes dans leurs milieux de vie.
Au cours de son intervention, la directrice générale de Fobe Asbl a également adressé un message aux femmes victimes de marginalisation, de stigmatisation et d’abus, réaffirmant l’engagement de son organisation à leurs côtés. « A toutes ces femmes qui traversent des moments difficiles, à toutes celles qui ont subi la marginalisation, la stigmatisation, les exploitations et abus sexuels; retenez que la Fondation BiEsther est là pour vous et assurera votre prise en charge, notamment psychologique. Retenez aussi que ce n’est pas le dernier projet. Nous serons là pour vous accompagner et ensemble nous transcenderons cette épreuve. Restez debout, rien ne reste éternel», a-t-elle rassuré.
Mme Zaina a profité de cette occasion pour lancer un message à la communauté internationale. « La femme a besoin de la paix pour vivre pleinement sa vie, pour stabiliser son foyer et toute la communauté. Donner la paix à la femme c’est donner la paix à toute la communauté », a-t-elle dit. Pour sa part, Deborah Barugahara, représentante du bureau « Conduite et discipline » de la Mission de l’Organisation des Nations unies pour la stabilisation en RDC (Monusco) », a rappelé l’engagement de son institution dans l’accompagnement des victimes.
« Nous avons trois volets dans notre objectif en tant que bureau conduite et discipline. Nous faisons la prévention, nous faisons la gestion des cas mais aussi nous faisons l’assistance aux victimes (…). C’est dans ce cadre que nous appuyons ce projet d’assistance aux victimes parce que ce sont des victimes issues de l’exploitation et abus sexuel commis par le personnel de la Monusco » a-t-elle dit.
Elle a, en outre, salué le professionnalisme de la « Fobe Asbl » dans la mise en œuvre de cette initiative pilote appelée à inspirer d’autres provinces du pays. « La +Fobe Asbĺ+ est un partenaire qui a été sélectionné par la Monusco, qui a rempli tous les critères pour être partenaire de mise en œuvre des projets (…), nous voudrions que ça soit une réussite pour que le même projet se répercute sur d’autres provinces », a-t-elle martelé. Ce projet pilote de réinsertion socio-économique de 50 femmes et filles vulnérables est soutenu par le bureau Conduct and discipline team (CDT) de la Monusco.
ACP/ KK

