Le HCR préoccupé par les violences sexuelles systématiques dans la province du Tanganyika

Kinshasa, 16 aout 2021 (ACP).- Le Haut-commissariat des Nations- Unies pour les réfugiés (HCR), s’est dit vivement préoccupé par des actes de violences sexuelles généralisées et systématiques contre des femmes et des jeunes filles congolaises, perpétrés par des groupes armés dans la province du Tanganyika où des milliers de personnes ont été déplacées cette année, rapporte un document de cette agence onusienne reçu lundi à l’ACP.

Selon la source, plus de 23.000 personnes ont été déplacées depuis le mois de mai dans le seul territoire de Kongolo, au nord du Tanganyika et la plupart d’entre-elles ont fui l’insécurité à plusieurs reprises ces trois derniers mois.

«Au cours des deux dernières semaines seulement, les partenaires humanitaires dans les zones de santé de Kongolo et Mbulula, ont enregistré 243 actes de viol dont 48 ont été commis sur des personnes mineures dans 12 villages différents. Cela représente une moyenne de 17 attaques signalées chaque jour »,  précise cette source, soulignant que la dénonciation des violences sexistes reste toujours un tabou dans beaucoup des communautés et partant, des chiffres réels des atrocités pourraient être encore plus élevés.

Stigmatisation et une possible exclusion

 Le document a indiqué qu’en plus du sévère traumatisme physique et psychologique causé par le viol, les victimes de ce type de violences peuvent être confrontées à la stigmatisation et à une possible exclusion de leurs familles, avant de signaler que d’autres menaces dans ces milieux proviendraient aussi des groupes armés rivaux qui se disputent le contrôle des zones minières, en particulier des mines d’or, ainsi que d’autres milices qui s’attaquent aux paisibles citoyens pour se venger contre les opérations militaires menées par l’armée gouvernementale afin de déloger ces hors la loi.

Face à cette insécurité grandissante qui met les civils au milieu d’affrontements intenses entre plusieurs groupes armés, le  HCR appelle les autorités à renforcer de toute urgence la sécurité dans la zone dénommée « Triangle de la mort » – qui borde plusieurs localités entre les provinces du Tanganyika, du Maniema et du Sud-Kivu en vue de protéger des civils notamment des femmes et de jeunes filles, aussi bien que de permettre l’accès humanitaire, et de faire le nécessaire pour que des enquêtes soient lancées et que, les responsables de ces crimes soient traduits en justice.

 Près de 310.000 personnes sont déracinées par l’insécurité et les violences qui se sont actuellement déplacées de la province du Tanganyika vers celles environnantes. Cela a comme conséquences néfastes, des besoins humanitaires en matière de protection qui augmentent, amenant ainsi le HCR à rechercher un soutien financier supplémentaire. Les contributions reçues à ce jour correspondant à environ 36% du montant nécessaire, pour son opération en RDC, conclut la source. ACP/Fng/JFM/MNI/LYS

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