Leadership féminin en RDC entre socle électoral et exclusion décisionnelle (Par Branly Bakadia Tezo)

Kinshasa, 07 avril 2026 (ACP).- Alors que les exécutifs provinciaux se dessinent à travers la République démocratique du Congo (RDC), un constat amer s’impose: la femme congolaise demeure le «moteur thermique» des partis politiques, mais reste exclue de la cabine de pilotage.

Cette réalité, illustrée par la récente nomination d’une seule femme sur dix ministres dans le Haut-Katanga, soulève l’urgence d’une transition du militantisme de base vers le leadership de sommet.

Le paradoxe de la « base » et du « sommet »

Il est de coutume, dans le paysage politique congolais, de voir les femmes en première ligne lors des mobilisations, des accueils aéroportuaires et des campagnes de proximité. Elles constituent le socle numérique et l’énergie vitale des formations politiques.

Pourtant, au moment du partage des responsabilités de gestion, ce dynamisme peine à se convertir en portefeuilles ministériels.

Dans le Haut-Katanga, la nomination de Coco Kanku Lukengo au seul ministère du Genre, famille et enfant (GFAE) est symptomatique. Ce « cantonnement » des femmes à des ministères dits sociaux renforce l’idée d’un leadership de façade, loin des secteurs régaliens ou économiques.

Un cadre légal en quête d’effectivité

Pourtant, l’arsenal juridique ne souffre d’aucune zone d’ombre. L’article 14 de la Constitution et la Loi n°15/013 du 1er août 2015 sur les modalités d’application des droits de la femme exigent une représentation équitable.

Le texte légal est une promesse de parité qui, dans la pratique des nominations provinciales, se heurte encore au mur du patriarcat politique et des calculs de positionnement des chefs de regroupements.

De la figuration à la conquête

L’heure n’est plus aux simples plaidoyers, mais à l’auto-affirmation. Le leadership féminin ne sera pas « octroyé » par une signature administrative; il doit être conquis de l’intérieur.

La question fondamentale demeure: les femmes occupent-elles les bureaux où se décident les listes de candidats ? Pour briser le plafond de verre, les militantes doivent exiger une présence accrue dans les organes de décision de leurs propres partis.

Sans une remise en question des modes de désignation internes, la femme restera l’éternelle «mobilisatrice» au service d’une hiérarchie masculine.

En définitive, le leadership féminin en RDC ne pourra jouir d’une autonomie durable que si les femmes passent du statut de «force de soutien  à celui de «force de proposition et de direction».

Le défi de 2026 reste la transformation des promesses constitutionnelles en réalités gouvernementales concrètes.

ACP/ODM

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