Kinshasa, 8 octobre 2026 (ACP).- La responsabilité et le respect de l’éthique ont été recommandés aux professionnels des médias, dans un échange avec un journaliste jeudi, à Kinshasa, en République démocratique du Congo (RDC), suite à l’affaire opposant la chroniquese Virginie Manganga au musicien Fally Ipupa.
«La liberté de la presse est un pilier essentiel d’une société démocratique. Elle permet aux journalistes d’informer, de questionner, d’enquêter et de donner la parole aux différentes parties. Cette liberté d’informer doit s’accompagner d’une responsabilité et du respect de l’éthique, car informer ne signifie pas tout diffuser », a déclaré Marie Grâce Nawez, journaliste.
Selon elle, l’exercise du métier exige de distinguer clairement les faits d’interêt général des aspects relevant exclusivement de la vie privée.
«Le devoir professionnel commande de vérifier, de contextualiser et d’équilibrer l’information, notamment par la recherche du contradictoire. La liberté de la presse permet également au public d’accéder à des informations et de se forger sa propre opinion. Informer ne signifie pas tout diffuser. Un journaliste ou un chroniqueur doit pouvoir distinguer ce qui relève réellement de l’intérêt public de ce qui appartient à la sphère strictement privée d’une personne», a-t-elle affirmé.
«Donner la parole à quelqu’un est une chose. Présenter ses déclarations comme des faits établis en est une autre. Une célébrité demeure un citoyen dont la dignité, la vie familiale et l’intégrité morale doivent être préservées », a-t-elle ajouté, relevant que la notoriété d’une personnalité publique suscite l’intérêt des médias, mais elle ne justifie pas la suppression totale de ses droits fondamentaux.
La responsabilité du journaliste à l’ère du numérique
Mme. Nawez a rappelé la responsabilité du journaliste à l’ère du numérique pour éviter d’ériger la polémique en vérité absolue au détriment de la dignité.
«Dans un monde où tout peut devenir viral, nous avons plus que jamais besoin d’un journalisme qui informe sans humilier, questionne sans condamner, dénonce sans diffamer et donne la parole sans transformer la polémique en vérité», a-t-elle conseillé.
Elle a fait savoir que l’écosystème de l’information en RDC fait face aux défis posé par la viralité numérique et la quête permanente d’audiance.
«L’audience ne devrait jamais devenir plus importante que l’éthique. Un contenu peut être viral et pourtant être injuste, incomplet ou insuffisamment vérifié. À l’inverse, une information responsable peut faire moins de bruit tout en ayant beaucoup plus de valeur pour la société», a dit Mme. Nawez.
Elle a indiqué que l’ampleur prise par les reseaux sociaux confère à chaque utilisateur une responsabilité dans la chaîne de distribution de l’information, précisant que la responsabilité ne concerne donc pas uniquement les journalistes, elle concerne également les influenceurs, les chroniqueurs, les médias et chaque citoyen congolais.
La liberté de la presse en RDC est garantie par la Constitution, mais elle reste confrontée à des défis sécuritaires, politiques et économiques majeurs sur le terrain. À l’ère du numérique, la responsabilité du journaliste consiste à garantir la fiabilité de l’information face à la prolifération des infox (fausses nouvelles) sur les réseaux sociaux et à respecter l’éthique professionnelle. La transmission instantanée de contenus non vérifiés est susceptible de nuire gravement et durablement à la reputation de personnes mises en cause. ACP/LUS/YM

