Lutte contre les VBG : des réformes législatives attendues pour protéger les victimes*

Kinshasa, 6 janv. 2026 (ACP)- Les violences basées sur le genre (VBG) sont une réalité en République démocratique du Congo (RDC) que des réformes législatives courageuses  sont attendues à partir de l’année en cours.

 La fréquence des actes de violences à l’égard des femmes est si répandue qu’elle devient normale pour plusieurs personnes irréfléchies. Pourtant, elles exposent la santé physique et mentale des victimes et, dans certains cas, elles peuvent amener à la mort. L’instabilité politique et les conflits armés augmentent la vulnérabilité des femmes. Le droit coutumier et certains dogmes religieux ne reconnaissent pas les violences conjugales. Ce qui handicape l’accès à la justice. Dans certaines coutumes, le fait de donner en mariage une fille mineure est un « devoir ». Et lorsqu’un homme veut consommer le mariage de force, les traditions les considèrent comme un droit légitime.

La législation congolaise n’a pas réglé certaines lois permettant de mieux défendre les victimes. Elles tombent sous les dispositions ordinaires du code pénal, étant assimilées, soit à des coups et blessures, soit au viol. Le cadre juridique actuel de la RDC ne permet pas de décourager et de combattre efficacement les violences faites aux femmes, notamment les violences conjugales et les violences obstétricales.  Celles-ci viennent de s’accentuer par la gratuité de la maternité. Pourtant les mauvais traitements exposent la vie de plusieurs femmes. L’absence de lois spécifiques et des mesures adaptées à leurs besoins spécifiques constitue un grand obstacle pour l’accès à la justice.

Il est donc impératif de mettre en place certains mécanismes pouvant sécuriser les femmes, car elles méritent  d’être respectées et protégées.

Des actions pour renforcer les mécanismes de protection des victimes

Bien que la RDC ait des outils juridiques, les VBG4 restent un problème majeur nécessitant des actions concrètes et concertées pour changer les mentalités et renforcer les mécanismes de protection. 

Le législateur congolais devait, en principe, réviser le code pénal en incriminant expressément les violences domestiques et obstétricales ainsi l’ application effective des recommandations issues du Protocole de Maputo sur la santé sexuelle et reproductive (SSR). 

L’Etat congolais doit également finaliser la révision de la stratégie nationale de lutte contre les violences sexuelles et basées sur le genre (VSBG) en définissant des actions spécifiques, notamment la sensibilisation de la population ainsi que la formation des autorités judiciaires compétentes et celles de la Police. Cela implique l’allocation des ressources conséquentes pour sa mise en œuvre, car la Police est parfois confrontée au problème des moyens financiers pour enquêter efficacement sur les cas de VBG.

L’Etat doit assurer la gratuité de la procédure judiciaire pour les survivantes des VBG, étant donné que le manque d’argent ainsi que les us et coutumes constituent un  handicap de taille  pour l’accès à la justice. Il doit également prendre des mesures de sécurisation qui s’imposent pour la protection des survivantes.

Ce n’est qu’en mettant tous ces mécanismes en place que nous pourrons espérer voir les auteurs des VBG être sanctionnés à la hauteur de leurs actes, aboutir à une justice équitable pour les victimes. Ce qui aura pour effet de réduire sensiblement le taux de cas des VBG dans le Pays. Entreprendre ces différentes actions, bien encadrées par la loi en 2026 est plus que souhaitable.ACP/

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