Kinshasa, 25 décembre 2025 (ACP).- M. Ramazani Lufwankenda, une personne vivant avec handicap, originaire du village de Malela situé à 210 km de Kindu, dans la province du Maniema, à l’est de la République démocratique du Congo, s’est distingué comme un modèle de résilience grâce à l’épargne solidaire, a-t-on appris jeudi lors d’un entretien.
« À plus de 70 ans, ce père de famille, musulman et couturier de métier, a su transformer sa condition physique en moteur de réussite. Grâce à son adhésion à l’organisation paysanne ‘’Umoja wa Salama’’, il a été intégré dans le réseau des Associations villageoises de crédit et d’épargne (AVEC), soutenu par Caritas-Développement Kindu dans le cadre du programme SECAL III », a déclaré Guy-Marin Kamandji, chargé de communication de Caritas Congo.
Grâce à la discipline et à la ténacité, M. Ramazani a pu mobiliser ses propres épargnes, renforcées par des crédits successifs contractés au sein de trois associations, pour acquérir un vélo adapté à sa mobilité, qu’il qualifie affectueusement de « ses jambes ».
« Ce moyen de déplacement, dont le coût est estimé à 1.000.000 FC, soit environ 454 dollars américains, illustre concrètement la capacité de résilience des bénéficiaires bien encadrés », a témoigné Guy-Marin Kamandji.
Dans la poursuite de ses activités génératrices de revenus, il a également investi 300.000 FC dans une machine à coudre performante, lui permettant de confectionner des vêtements plus complexes.
« Avec son épouse, il a lancé un petit élevage de chèvres, déjà au nombre de huit, générant un revenu régulier grâce à la vente de chevreaux et de lait. Ambitieux, il envisage l’ouverture d’un étang piscicole et l’acquisition d’une surfileuse pour élargir son atelier de couture, visant à employer un apprenti du village », a ajouté le chargé de communication.
Sur le plan environnemental, M. Ramazani s’est aussi illustré par des actions concrètes. Sensibilisé aux enjeux écologiques par Caritas, il a planté plus de 50 arbres fruitiers et ombreux autour de sa maison, constituant une barrière naturelle contre les vents violents et offrant des fruits à sa famille.
Selon la source, le programme SECAL III a déjà appuyé plus de 200 associations, dont Umoja wa Salama, dans la province du Maniema, favorisant l’autonomisation de près de 5.000 ménages vulnérables, dont plusieurs affectés par le handicap ou la pauvreté extrême.
Ce parcours démontre, a-t-on indiqué, la portée du modèle AVEC, basé sur des crédits accessibles sans garanties excessives, un accompagnement communautaire soutenu et une approche qui valorise les capacités individuelles plutôt que les limites.
L’exemple de M. Ramazani rappelle que la pauvreté et le handicap ne sont pas des fatalités, mais des réalités surmontables grâce à un encadrement structuré et à la détermination, offrant ainsi un espoir tangible pour l’avenir des communautés du Maniema. ACP/C.L.

