Kinshasa, 25 mars 2025 (ACP)-L’intégration des femmes déplacées en milieu urbain a été au centre d’un vidéo-forum organisé mardi à Beni par le Collectif des radios et télévisions communautaires du Nord-Kivu (CORACON), dans la commune de Ruwenzori.
Tenue à l’hôtel Ishango Lodge, cette activité s’inscrit dans le cadre de la célébration de la Journée internationale des droits des femmes. Elle a réuni plusieurs catégories d’acteurs, notamment des journalistes, des agents des services étatiques, des défenseurs des droits humains, des activistes des mouvements citoyens ainsi que des personnes déplacées, en majorité des épouses de militaires.
Les participants, incluant également des représentants de la société civile et des agences des Nations Unies, ont échangé autour du thème : « Intégration des femmes déplacées en ville de Beni : défis et recommandations », avec un accent particulier sur les droits fondamentaux et les besoins spécifiques des femmes.
Selon Gisèle Bagheni, chargée du Genre au sein du CORACON, cette rencontre visait à évaluer le niveau de prise en compte des besoins des femmes déplacées dans les interventions humanitaires et étatiques.
« Nous avons voulu savoir si les droits fondamentaux de tout citoyen sont respectés, mais aussi évaluer la prise de conscience des acteurs humanitaires et étatiques sur les besoins spécifiques des femmes déplacées », a-t-elle expliqué.
Elle a indiqué que les résultats d’une étude menée par Brave TV, un média spécialisé dans la promotion des droits des femmes et financé par le CORACON, révèlent une marginalisation persistante des femmes déplacées.
D’après cette étude, les femmes vivant dans les camps de Kibangu et d’OSACAF font face à d’énormes difficultés pour subvenir aux besoins de leurs familles. Elles dénoncent également des conditions d’hygiène précaires, notamment l’impureté d’eau et les installations hygiéniques non adaptées, qui sont à l’origine d’infections vaginales, ayant entraîné la mort de trois d’entre elles faute de prise en charge médicale.
Les témoignages recueillis lors de la séance ont corroboré ces constats. Certaines participantes ont évoqué des cas répétés de harcèlement, notamment de la part de personnes censées faciliter leur intégration ou encore de propriétaires immobiliers lors de la recherche de logements et des portes pour leurs activités génératrices de revenu.
De son côté, Fiston BIANTANGA, chargé de programme et responsable du bureau projet du Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA) au grand Nord Kivu, s’est dit surpris d’apprendre que les bénéficiaires ne connaissent pas les programmes de gratuité des soins mis en place en leur faveur.
« Nous avons instauré un programme de prise en charge gratuite pour les femmes déplacées et vulnérables, mais il apparaît que ces informations ne leur parviennent pas », a-t-il regretté.
Intervenant au nom du gouvernement provincial, Marie-Noëlle Kabuya, Cheffe de la communication du gouvernement provincial au Nord Kivu, a exprimé son inquiétude face au manque de sensibilisation des femmes déplacées sur les risques liés aux mauvaises conditions d’hygiène.
Elle a néanmoins rassuré que les autorités sont conscientes de la précarité dans laquelle vivent les déplacés et restent ouvertes aux partenariats avec les organisations humanitaires. Elle a souligné que la solution durable demeure le retour à la paix afin de permettre aux déplacés de regagner leurs milieux d’origine.
Par ailleurs, les discussions ont mis en évidence les défis liés à la protection des femmes déplacées, notamment face aux violences basées sur le genre, dans un contexte marqué par la diversité des profils et des vulnérabilités au sein des populations déplacées.
ACP/C.L.

