Kinshasa, 15 septembre 2026 (ACP).- L’approche « One stop » dans la prise en charge des enfants autistes a été expliquée lundi, par la responsable d’un centre spécialisé, dans un echange à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo (RDC), afin d’éviter aux familles un parcours éprouvant.
« Le diagnostic de l’autisme demeure tardif, faute de centres de référence et de personnel qualifié. Pour palier à cette difficulté, l’association « Never limit children (NLC) a mis en place au Centre Kitumaini une approche « One Stop » qui réunit tous les spécialistes en un même lieu, afin d’éviter aux familles un parcours éprouvant à travers la ville », a déclaré Mado Madiya, responsable de l’association NLC et du Centre Kitumaini.
Elle a alerté sur le danger mortel que représente l’ignorance autour de ce trouble neurodéveloppemental.
« Une petite-fille autiste de 2 ans a été amené dans un centre psychiatrique. Sans amélioration, sur conseil de l’entourage, elle a été ensuite conduite chez un prophète qui l’a accusée de sorcellerie et enfermée deux semaines sans nourriture ni eau. L’enfant, qui était non verbale, est décédée. J’accompagne un jeune homme au cerveau exceptionnel, mais qui a été enchaîné pendant cinq ans par sa propre famille, pourtant intellectuelle et aisée, qui le traitait de fou», a-t-elle indiqué, précisant que le diagnostic est essentiellement clinique et ne saurait être posé par une seule personne.
« Le diagnostic est essentiellement clinique, il implique le pédiatre, le pédopsychiatre, le psychologue, le psychomotricien et l’orthophoniste, car l’autisme touche à la fois le comportement, la communication et les interactions sociales », a-t-elle expliqué.
Mme Madiya a déploré le manque d’information de l’autisme, notamment chez certains médecins. Ce qui désoriente plusieurs parents.
« À Kinshasa, si les premiers signes peuvent être repérés dès l’âge de 3 ans, le diagnostic intervient souvent beaucoup plus tard. Nous ne comptons que deux pédopsychiatres qualifiés. Une enquête menée à la Faculté de médecine de Kinshasa a révélé que les futurs médecins ne connaissent pas l’autisme, faute de module dédié dans leur cursus. Par désespoir, de nombreux parents se tournent vers les églises », a-t-elle déploré.
« Ce retard a des conséquences lourdes sur la prise en charge. Un diagnostic précoce permet de mettre en place un plan d’accompagnement avec de bons résultats. Lorsqu’il est tardif, il faut déconstruire des habitudes déjà ancrées. Ce qui demande beaucoup plus de travail, de temps et de moyens, notamment pour l’orthophonie », a-t-elle ajouté.
Elle a fait savoir que l’autisme est un trouble neurodéveloppemental qui se manifeste dès la petite enfance. Ce n’est pas une maladie, c’est une condition de vie.
ACP/ Tshimbalanga et SP/Evele et Kapepula

