Protection des albinos : une consultation régulière des médecins recommandée à Kinshasa

Kinshasa, 8 octobre 2026 (ACP).- Une consultation régulière, d’au moins deux fois par an  des ophtalmologues et dermatologues, a été recommandée aux personnes atteintes d’albinisme, pour protéger leur corps contre les effets du soleil, dans un échange jeudi à Kinshasa, en République démocratique du Congo (RDC).

«Comme il y a des dermatologues et des médecins, une personne albinos, en principe, doit consulter son ophtalmologue plus ou moins une à deux fois par année. Il lui est prescrit des lunettes pour la protéger contre les effets du soleil, des écrans solaires et tout cela. C’est très important. Mais malheureusement, il y a pas mal d’albinos que je croise ici, même dans ma famille, qui ont du mal à porter des lunettes», a déclaré Nadine Mukenge, présidente de la Ligue pour la défense des Albinos (Lida).

Selon elle, plusieurs personnes ont même parfois honte que les gens les voient avec des lunettes de myopie.

«Quand on est malvoyant, on ne porte pas toujours la même catégorie de lunettes que les autres. Nos lunettes sont légèrement plus épaisses. Certains n’aiment pas cela et ont honte simplement à cause de ça», a-t-elle dit.

«Pour ce qui est des lentilles, c’est un luxe en Afrique. Ce n’est pas donné à tout le monde, surtout que la technologie n’est pas encore arrivée à ce niveau-là, et même au niveau de l’Europe, c’est très cher», a-t-elle ajouté.

Selon Mme. Mukenge, les personnes atteintes d’albinisme ont toutes un point commun : le soleil.

«Le soleil et notre peau ne sont pas des amis. Déjà, dans l’état normal, quand quelqu’un se lave et ne met pas de crème, les personnes qui ont la peau sèche ont souvent la peau qui s’étire. La plupart des albinos, nous sommes dans la catégorie des peaux très sèches. Tout ce qui concerne la peau sèche doit être hydraté avec un gel douche correct et adoucissant pour la peau, ainsi qu’avec une crème de tous les jours qui adoucit la peau. Ensuite, on ajoute une couche de crème solaire pour protéger la peau contre le soleil», a-t-elle expliqué.

Quatorze ans après la création de la LIDA, elle revient sur ses motivations

«Ma motivation était liée au fait que moi-même, je suis albinos. Je sais ce que représentent les problèmes des personnes albinos au quotidien. Je sais qu’en étant albinos et en ne sachant pas comment se prendre en charge pour vivre longtemps, ce n’est pas toujours facile. Je me disais donc, depuis que j’étais petite, que le jour où j’aurais les moyens, je devrais faire quelque chose pour essayer de donner de la joie, de sensibiliser et de participer à la lutte pour la défense de tout ce qui est lié à l’albinisme», a-t-elle confié.

Elle a, par ailleurs, regretté le traitement inhumain que subit cette catégorie de personnes au sein de la société.

«Certaines personnes croient que les albinos sont des objets ou qu’ils ne sont pas des personnes normales, qu’ils n’ont pas toutes les facultés. C’est pour cela qu’on nous traite parfois ou qu’on nous classe directement parmi les personnes handicapées, sans même nous connaître. Nous avons sur le terrain cette association pour sensibiliser, même à distance, en tant qu’albinos vivant dans la diaspora, et aussi aider les personnes qui vivent autour de nous à avoir une vision moins négative de l’albinisme, afin qu’on nous traite comme tous les êtres humains, c’était donc vraiment mon objectif (…), mais aussi encourager les albinos eux-mêmes à se prendre en charge», a-t-elle expliqué.

«Je dirais que la LIDA n’est pas encore implantée officiellement au niveau du Congo, en raison de formalités administratives. Mais, en même temps, cela ne nous empêche pas d’agir. Au niveau de l’Occident, nous avons un bureau, sans faute, et ici aussi, en parallèle, en attendant que nos bureaux soient officiellement établis et que tous les documents soient en place, je travaille avec une association parallèle, Pauline Albinos», a-t-elle précisé.

La Ligue pour la défense des Albinos est une association sans but lucratif qui a pour objectif la protection, la défense des droits et l’inclusion sociale des personnes atteintes d’albinisme. Elle œuvre également à sensibiliser la société contre les préjugés, la stigmatisation et les discriminations dont cette catégorie de personnes est victime, tout en encourageant leur accès aux soins de santé, à l’éducation et à une meilleure prise en charge et la nécessité de garantir aux personnes atteintes d’albinisme une prise en charge ophtalmologique et dermatologique, ainsi que leur pleine inclusion dans la société. ACP/Yem/Mok

Fil d'actualités

Sur le même sujet