Kinshasa, 24 février 2023 (ACP).- Un apport des personnes vivant avec handicap a été prouvé pour la première fois en République démocratique du Congo, à travers la promulgation d’une loi portant protection, prise en charge et inclusion dans la société des personnes handicapées.
« Cette loi qui a été adoptée, est une bataille que la société civile a mené depuis 2006, afin de les rendre utiles dans la société. Certains d’entre elles sont même employées dans une des structures comme formateurs et administratif. Vivre autonome malgré son handicap est possible », a déclaré vendredi au cours d’une interview avec l’ACP, M. Junior Kizungulu, handicapé moteur.
« Je suis victime de la poliomyélite depuis mon enfance. J’ai tout de même fait des études et travaille comme informaticien au village Bondeko, à Kinshasa depuis 2014. Le handicap moteur ne constitue pas un frein pour moi », a-t-il souligné.
« Une personne vivant avec handicap, c’est une personne à part entière mais qui a des atouts, capacités et toutes les facultés qui lui permettent de travailler comme toute autre personne. Je suis personne vivant avec handicap moteur parce que c’est physique, disons-le comme commun de mortel. Mon handicap, c’est au niveau des jambes, ma tête n’a pas d’handicap », a renchéri M. Kizungulu.
Pour sa part, la sourde muette au village Bondeko, Bénédicte Lotika a fait savoir que dans ce village, l’on forme des enfants ayant divers handicaps et parmi les formateurs certains sont handicapés.
«Je suis enseignante depuis 2018, c’est facile pour moi de pratiquer ce métier que je continue à le faire jusqu’à présent. Je prépare bien mes cours grâce aux questions posées», a expliqué Mme Lotika.
Elle a noté qu’en RDC et dans certains pays africains, les personnes vivant avec handicap sont parfois maltraitées, voir laisser pour compte. « Pour lutter contre cette stigmatisation et nous offrir une chance de réussite dans la vie, plusieurs initiatives privées ont vu le jour. C’est le cas du centre Bondeko », a-t-elle soutenu.
De son côté le coordonnateur du centre Bondeko, Zéphyrin Nsimba Bimbi a affirmé : «notre société est appelée à offrir la possibilité d’un meilleur service aux personnes vivant avec handicap afin qu’à leur tour, qu’elles soient aussi capables d’ajouter quelque chose dans notre société. Nous, village Bondeko comme moteur d’embauche, Nous engageons des personnes vivant avec handicap et nous leurs donnons la possibilité d’apporter quelques choses dans la communauté».
Le cordonnier et cireur de chaussures au centre de Kinshasa, Yannick Ngovulu, dans le souci d’être autonome, bien qu’en étant une personne à mobilité réduite a appris un métier. Il est cordonnier. Une occupation qui permet de prendre soin de sa femme et des trois enfants. « Je fais ce travail, il y a 15 ans aujourd’hui. Je ne veux pas me livrer dans la mendicité, raison pour laquelle je le fais. Mes revenus me permettent d’économiser un peu et de scolariser mes enfants.»
Pour faire face au financement de cette loi, le Premier ministre doit, par décret, créer un fonds national alimenté par le Trésor public et autres partenaires extérieurs. À ce jour, au moins 15% de la population congolaise vit avec un handicap. ACP/ODM

