Kinshasa, 9 octobre 2026 (ACP).- Le récit du combat des femmes pour l’obtention des articles 14 et 15 dans la Constitution de 2006 de la République démocratique du Congo (RDC), en faveur de la parité a été mis en lumière vendredi, à Kinshasa, lors de la 2ème journée du Forum international des élites féminines (Fief), ouvert le 8 octobre 2026.
« Nous n’étions pas satisfaites de l’article 51 de la transition qui parlait de représentation significative (…). Nous étions là article par article. Et c’est ainsi que nous avons obtenu les articles 14 et 15 de la Constitution qui parlent de la parité homme-femme dans toutes les institutions et des violences faites à la femme », a déclaré Rose Mutombo, ministre honoraire de la Justice et garde des sceaux.
Mme Mutombo a fait savoir que les femmes unies pour cette lutte avaient constaté que beaucoup de normes en application sur le plan régional et international n’étaient pas transposées au niveau de la RDC.
« Elles ont produit un plaidoyer et un argumentaire pour rencontrer les différents décideurs afin d’harmoniser ces engagements avec les lois nationales. C’est ainsi qu’est née l’initiative d’améliorer la Constitution en cours de rédaction après la transition pour y inscrire la parité», a-t-elle ajouté.
Elle a également évoqué la difficulté du combat, les alliés trouvés sur le chemin et la persévérance nécessaire pour parler aujourd’hui du « 50/50 ».
« Nous avons commencé par sensibiliser les femmes elles-mêmes. Il y avait une dynamique de femmes qui s’était mise en place, qui croyait aux droits de la femme et qui était capable de faire bouger les lignes (…). Avec l’accompagnement des experts des ONG internationales, notamment Global Rights, NDI et d’autres, qui nous ont aidées à asseoir notre argumentaire et à déceler ce qui manquait dans nos textes nationaux », a-t-elle relevé.
La ministre honoraire de la Justice a fait savoir que des dispositions genre ont été inscrites dans la Constitution de la RDC pour la première fois, notamment l’article 51 de la transition, qui parlait de la représentation significative des femmes dans les institutions nationales et provinciales.
« L’Assemblée était composée de plus de 60% d’hommes, mais avec l’envahissement de l’hémicycle, avec les calicots, nous avons dit : « Si on n’inscrit pas ce que nous voulons dans cette Constitution, on va faire des dégâts. » Celui qui ne soutient pas la parité est contre plus de 52% de la population », a-t-elle expliqué.
Elle a rappelé à la jeunesse que rien de grand et ce qui force l’admiration ne s’obtient facilement, encourageant les filles qui ont décidé de se battre à ne pas abandonner.
« Ce sont des nuits d’insomnie, des réunions interminables. Mais quand on est unies et ensemble, on peut déplacer des montagnes comme le dit la Bible. J’exhorte les jeunes : celles qui sont élevées en dignité ne l’ont pas été facilement. C’est par le travail, le charisme et la personnalité. Il faut vous renforcer en capacité, en caractère et avoir la capacité de convaincre. Il faut convaincre par les idées », a-t-elle conclu.
Ce forum international des Élites Féminines se poursuit jusqu’au dimanche 11 octobre.
Il est organisé par le Fief, Koica et le Cadre permanent de concertation de la femme congolaise (Cafco) sous le haut patronage de la primature de la RDC.
ACP/Aos/ Kik/ Tshimb / Ize/M

