Kinshasa, 22 octobre 2026 (ACP).- Le financement de l’Agenda « Femmes, paix et sécurité », en République démocratique du Congo (RDC), a fait l’objet d’un plaidoyer jeudi à Kinshasa, à l’occasion de la cérémonie d’hommages des 20 ans de l’engagement de Annie Matundu à la Résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations unies.
«L’agenda Femmes Paix et Sécurité a plus que jamais besoin de moyens politiques, financiers et stratégiques à la hauteur des enjeux sur le terrain», a déclaré Annie Matundu, experte en Résolution 1325.
«Cette reconnaissance n’est pas la mienne seule, elle appartient à toutes les femmes congolaises qui, face aux violences, aux guerres et à l’injustice, refusent de se taire et de continuer de porter les flambeaux de la dignité et de la paix», a-t-elle ajouté.
Mme Matundu a précisé que sa vision pour les 20 années prochaines, c’est passer des présences symboliques au pouvoir décisionnel. C’est dédier les jeunes pour la relève.
«Ma vision, c’est une gouvernance inclusive et paritaire. Aujourd’hui, nous ne célébrons pas la fin d’un parcours, mais le point de départ d’une nouvelle heure. Ce que nous avons accompli, mais ce qu’il nous reste à bâtir est capital « , a soutenu la » championne de la 1325« », a-t-elle dit.
Elle a indiqué qu’elle rêve d’une RDC où les femmes occupent la moitié des tables de négociations, des commandements sécuritaires, des instances politiques et des mécanismes de médiation de paix.
«Je rêve d’une jeunesse formée et conquérante. » Je veux voir une nouvelle génération de jeunes filles grandir avec la certitude que leur voix est souveraine.Nous devons investir massivement dans l’éducation, le leadership numérique et l’autonomisation économique des jeunes femmes», a-t-elle révélé.
«Je rêve un agenda 1325 adapté aux défis émergents. Notre mouvement doit s’armer pour répondre aux nouveaux visages des crises : l’impact des changements climatiques, la souveraineté économique et les mutations géopolitiques. Mais cet héritage est à transmettre et un appel à l’action.À toute la jeunesse qui nous regarde aujourd’hui, je vais transmettre cet héritage», a-t-elle renchéri.
Elle a indiqué qu’il ne faut jamais perdre sa place à la table de négociations.
Croyez au pouvoir du dialogue, à la force de l’engagement et à la légitimité de votre leadership.Mme Annie Matundu a expliqué son combat a commencé lorsque la RDC traversait les heures les plus sombres de son histoire.
À l’époque, les femmes subissaient les pires horreurs des conflits, reléguées au rang de victimes silencieuses.
«Quand la Résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations unies est née, beaucoup y ont vu un simple document diplomatique.Pour moi, ce fut un appel. L’appel à clamer haut et fort que la femme congolaise ne peut point être une victime. Elle est médiatrice, elle est bâtisseuse, elle est l’architecture, l’architecte indispensable de la paix», a-t-elle fait remarquer.
«Elles m’ont appris une vérité fondamentale : aucune paix durable ne se construira en RDC sans la participation directe et entière des femmes», a-t-elle confié.
Selon elle, » pendant les 20 ans du parcours dans la Résolution 1325, il a fallu briser les stéréotypes, affronter les pesanteurs socioculturelles, faire face aux crises sécuritaires à répétition et convaincre sans relâche que l’égalité des genres n’est pas une concession faite aux femmes, mais un impératif de justice, de sécurité et de démocratie« .
L’experte en Résolution 1325 a remercié le « champion de la Masculinité positive », le Président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo qui est en train de valoriser la femme congolaise; la Première Ministre, la MONUSCO et à toutes les femmes congolaises qui ont marqué son parcours de 20 ans de la Résolution 1325 en RDC.
La ministre du Genre, Famille et Enfant qui était représenté a gratifié la lauréate d’un cadeau en bois fait à la main. ACP/DM/MN

