RDC : les hommes appelés à soutenir les initiatives d’éradication  des violences sexuelles

Kinshasa, 4 septembre 2026 (ACP).- Un appel a été lancé aux hommes de la République démocratique du Congo (RDC), à soutenir les initiatives du gouvernement visant à éradiquer les violences sexuelles basées sur le genre (VSBG), lors de la célébration de la Journée internationale de la santé sexuelle, célébrée le 4 septembre de chaque année.

«Les violences sexuelles constituent une atteinte directe à la santé sexuelle, reproductive et mentale. Elles peuvent entraîner des infections sexuellement transmissibles (IST/VIH), des grossesses non désirées, des traumatismes physiques, des douleurs chroniques. A l’occasion de la Journée internationale de la santé sexuelle, j’invite les hommes à appuyer toutes les initiatives du gouvernement tendant à éradiquer les violences sexuelles et basées sur le genre », a déclaré Me. Pacifique Nkunzi, ambassadeur de la masculinité positive.

«En République démocratique du Congo la Constitution, notamment son article 15, impose aux pouvoirs publics de veiller à l’élimination des violences sexuelles et reconnaît la protection de l’intégrité de la personne. La Loi nº06/018 du 20 juillet 2006 a renforcé le code pénal en incriminant et en réprimant différentes formes de violences sexuelles, conformément notamment aux normes internationales », a-t-il dit.

Pour Me. Nkunzi, la lutte contre les violences sexuelles est à la fois une question de santé publique, de droits humains et de justice.

«La Loi nº06/019 du 20 juillet 2006 constitue une avancée importante : elle prévoit notamment l’intervention d’un médecin et d’un psychologue pour évaluer l’état de la victime et déterminer les soins appropriés. Elle garantit également l’assistance d’un conseil et des mesures destinées à protéger la sécurité, le bien-être psychologique, la dignité et la vie privée de la victime », a expliqué l’ambassadeur de la masculinité positive.

Selon le consultant, la prise en charge doit être immédiate, confidentielle, respectueuse de la dignité et  centrée sur la survivante, elle doit associer : soins médicaux et traitement des blessures, prévention et prise en charge des IST/VIH, prévention des grossesses non désirées, accompagnement psychologique et psychosocial, assistance juridique et orientation judiciaire, protection contre les représailles et la stigmatisation.

«Les hommes ne doivent pas être considérés uniquement comme des auteurs potentiels de violences, mais comme des partenaires essentiels de la prévention et de la transformation sociale», a-t-il précisé.

Pour lui, il est important de favoriser l’égalité femmes-hommes, encourager le partage des responsabilités familiales, économiques et sociales et soutenir le leadership et l’autonomie des femmes, encourager la réaction face aux violences, donner aux hommes les moyens de dénoncer les comportements violents, protéger les victimes, orienter vers les services compétents et lutter contre la banalisation des violences.

Les principaux tabous qui empêchent les femmes de parler de leur santé sexuelle

«La honte, la culpabilisation de la victime, la stigmatisation, la peur du rejet familial, les normes sociales et culturelles, les mythes sur la sexualité, la peur des représailles et le manque de confidentialité » constituent selon Me. Nkunzi, les principaux tabous qui empêchent les femmes de parler de leur santé sexuelle.

Selon l’ambassadeur de la masculinité positive, ces tabous peuvent conduire à la sous-déclaration des violences, au retard dans l’accès aux soins et à l’impunité des auteurs alors que le cadre juridique congolais cherche précisément à protéger la victime contre cette victimisation secondaire.

Cependant, la loi n°06/019 prévoit notamment la discrétion du procès et permet le huis clos afin de préserver la sécurité, la dignité et la vie privée des victimes, a-t-il dit

La RDC a progressivement renforcé son arsenal juridique contre les violences sexuelles. Le défi n’est donc plus seulement de produire des normes, mais d’assurer leur effectivité : prévenir, protéger, soigner, poursuivre et réparer, tout en plaçant la dignité et les droits de la survivante au centre de la réponse.

La masculinité positive vise à promouvoir des modèles de masculinité fondés sur le respect, l’égalité, la responsabilité, l’empathie, la non-violence et le consentement, plutôt que sur la domination ou le contrôle.

Elle joue un rôle essentiel à plusieurs niveaux: prévenir les violences sexuelles, amener les hommes et les garçons à rejeter toute forme de violence, de coercition, de harcèlement et d’exploitation sexuelle, promouvoir le consentement, faire comprendre que toute relation sexuelle doit être librement consentie, éclairée et réversible, et que le silence ou l’absence de résistance ne constituent pas un consentement.

ACP/ N/M

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