Kinshasa, 26 septembre 2025 (ACP).- L’usage abusif et irresponsable des antalgiques à forte dose a été déconseillé aux ménages de la République Démocratique du Congo (RDC), par un professionnel de santé, en insistant sur la vulnérabilité particulière des femmes et des enfants face à ce phénomène, lors d’un entretien vendredi à Kinshasa.
«L’usage abusif des antalgiques à forte dose expose souvent certains ménages à des risques hépatiques (Hépato toxicité), rénaux (Insuffisance rénale aigue surtout chez les personnes âgées ou déshydratées), digestifs (Gastrite, ulcère, hémorragie digestive), cardiovasculaires (augmentation du risque d’infarctus ou d’AVC, surtout à fortes doses et traitements prolongés) et addictifs. Il peut aussi retarder un diagnostic médical important», a déclaré Tertullien Masidiavingu Nikiana, Chef de Division au sein de l’Autorité Congolaise de Règlementation Pharmaceutique (ACOREP).
Selon M. Masidiavingi, il y a des médicaments autorisés à être vendus sans ordonnance sous réserve de certaines conditions. Cependant, il est régulièrement observé que les médicaments soumis à l’obligation de délivrance sur ordonnance (les antibiotiques, antihypertenseurs, les médicaments du SNC, les antipaludéens, les corticoïdes etc), font l’objet du non-respect de la réglementation en la matière, exposant ainsi la population à des risques sanitaires importants.
«Les ménages devraient alors faire recours aux officines disposant d’un professionnel de santé qualifié pour bénéficier du conseil systématique à chaque délivrance d’antalgique, respecter les prescrits du traitement et consulter un Médecin en cas de persistance de la douleur», a-t-il ajouté.
Et de renchérir: «Le médicament n’est pas un bien de consommation courant; mal utilisé, il tue plus qu’il soigne. Vous avez intérêt à toujours consulter votre pharmacien de santé pour bénéficier d’un soutien adéquat concernant l’automédication».
Dans un contexte humanitaire marqué par la précarité et l’accès limité aux soins de santé, les femmes et les enfants constituent les principales victimes de l’automédication en RDC. Ces derniers, souvent en première ligne pour gérer la santé familiale, sont exposés à des complications graves faute d’un encadrement médical approprié. La sensibilisation des ménages, particulièrement des mères, apparaît ainsi comme un levier essentiel pour prévenir les risques liés à l’usage abusif de médicaments.
Créée le 5 mars 2020 par le Décret n° 20/002, l’Autorité Congolaise de Réglementation Pharmaceutique (ACOREP) est un établissement public de la RDC chargé de réglementer les secteurs des médicaments, des cosmétiques et de l’alimentation, issu de la fusion de la Direction de la Pharmacie et du Médicament (DPM) et du Laboratoire National de Contrôle Qualité (LNCQ – LAPHAKI). ACP/ODM

