RDC :  un mécanisme de financement proposé pour prévenir les violations des enfants

Kinshasa,12 juin 2026(ACP).- La mise en place d’un mécanisme de financement dédié à la prévention des violations graves contre les enfants a été suggérée vendredi, lors de la table ronde sur l’agenda « Enfants affectés par les conflits armés (Caac)» organisée à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo (RDC) par l’ambassade du Canada.

«Intégrer systématiquement les objectifs de l’agenda Caacdans toutes les initiatives diplomatiques, sécuritaires et humanitaires relatives à l’Est de la RDC, mettre en place un mécanisme de financement dédié à la prévention des violations graves contre les enfants», a déclaré le Lieutenant Général Joseph Mutombo, Coordonnateur du Groupe de travail technique conjoint (GTTC) dans son intervention.

Il a évoqué les défis opérationnels d’intensification des conflits et de fragmentation des groupes armés, des attaques contre les écoles et des espaces de protection, de recrutement et d’utilisation continus d’enfants par des groupes armés.

Les défis liés aux violations persistantes, à la persistance des violences sexuelles liées aux conflits armés ainsi qu’aux besoins importants liés à la réintégration socio-économique des enfants affectés et d’autres besoins du financement durable pour les mécanismes nationaux de coordination et de réponse à ces problèmes ainsi que du soutien des FARDC à renforcer dans les postes concernant ceux de GTTC, ont également été mis en exergue.

Face à ces défis, l’intervenant a lancé un appel à la solidarité en apportant des moyens financiers et techniques pour lutter contre le drame créé par les conflits armés.

Contexte de la table ronde sur les enfants affectés par les conflits armés

La RDC, selon les organisateurs de cette table ronde, demeure affectée depuis trois décennies par des conflits armés récurrents, en particulier dans les provinces de l’Est du pays (Nord-Kivu, Sud-Kivu, Ituri et Tanganyika). Ces conflits entraînent des conséquences graves et durables sur les enfants.

Depuis janvier 2025, l’escalade du conflit armé dans l’Est de la RDC, marquée par l’intensification des affrontements, les déplacements massifs de populations et l’implication accrue de groupes armés et d’acteurs étatiques et non étatiques, a entraîné une dégradation significative de la situation de protection de l’enfant.

Les enfants sont disproportionnellement affectés, tant comme victimes directes de violations graves que par l’effondrement des services sociaux essentiels et l’accès limité aux mécanismes de protection.

Dans le cadre du Mécanisme de surveillance et de communication de l’information (MRM) établi par la résolution 1612 du Conseil de sécurité des Nations Unies, le Secrétaire général publie chaque année un rapport sur la situation des enfants affectés par les conflits armés.

La RDC y est régulièrement mentionnée en raison de la persistance de violations graves dans les zones de conflit. Les groupes armés, et dans une moindre mesure certains acteurs étatiques (19 % des cas de violences sexuelles documentés et qui restent listés pour les viols et violences sexuelles), continuent de commettre ces violations.

Le neuvième rapport du Secrétaire général des Nations Unies sur les enfants et le conflit armé en RDC (S/2024/705), complété par les données du MRM collectées en 2025 et les conclusions du Groupe de travail du Conseil de sécurité sur les enfants et les conflits armés publiées en décembre 2025, confirme la persistance et, dans certains cas, l’aggravation des six violations graves à l’encontre des enfants, notamment :Le recrutement et l’utilisation d’enfants par les groupes armés (la violation la plus prévalente vérifiée dans le rapport, avec une forte augmentation du nombre d’enfants nouvellement recrutés). 85 % des violations ont été documentées au Nord-Kivu.

C’est dans ce cadre que les États membres engagés dans l’agenda « Enfants et Conflits armés Caac), notamment  le Canada, qui assure la coprésidence du Groupe des amis des enfants affectés par les conflits au niveau du Conseil de sécurité, organise depuis quatre ans un dialogue de haut niveau en RDC. Cette activité réunit les ambassadeurs, les partenaires internationaux et les acteurs clés afin d’analyser les recommandations du rapport du Secrétaire général et d’identifier des actions concrètes pour appuyer le gouvernement de la RDC dans leur mise en œuvre, pour renforcer la protection des enfants.

ACP/ GN/M

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