Kinshasa, 19 octobre 2026 (ACP).- La réinsertion socio-économique des victimes des violences basées sur le genre (VBG) a été sollicitée lundi par la ministre du Genre, famille et enfant (GFAE), pour assurer une prise en charge holistique, lors d’une visite d’évaluation au Centre intégré de services multisectoriels (CISM) à Kinshasa en République démocratique du Congo (RDC).
« J’insiste sur la nécessité d’aller au-delà de la prise en charge médicale pour assurer une prise en charge holistique, entre autre, la réinsertion socio-économique de victimes des violences incluant les volets judiciaire et juridique. Je rappelle que la lutte contre les violences sexuelles et les VBG constitue une priorité du Gouvernement pour la période 2025-2027, dirigé par la Première ministre Judith Suminwa Tuluka », a déclaré Micheline Ombae, ministre du Genre, famille et enfant (GFAE).
« Pour lutter contre ce phénomène, nous avons prévu de redynamiser les centres intégrés de services multisectoriels pour la prise en charge des survivants et survivantes. Il était important de venir nous rendre compte du bon fonctionnement et de l’opérabilité de la structure », a-t-elle ajouté.
La ministre Ombae a précisé que dénoncer ou arrêter les violeurs ne suffit pas, la réhabilitation de la victime est mieux.
« C’est cette phase de réhabilitation qui pose parfois problème. Deux arrêtés ont déjà été signés, l’un portant Règlement d’ordre intérieur et l’autre portant désignation des membres de la Coordination Nationale des CISM (CNC), organe chargé de coordonner tous les CISM et d’assurer la régularité des rapports », a affirmé la ministre.
Mme Ombae a souligné qu’il y a quatre sites de CISM à Kinshasa.
« Kinshasa ne compte actuellement que 4 CISM, un nombre insuffisant au regard de la démographie. Le gouvernement prévoit d’installer un CISM dans chaque commune et travaille à leur institutionnalisation » a-t-elle dit.
Reconnaissant les difficultés liées à la prise en charge du personnel, conditionnée par des projets à durée déterminée, elle a assuré que son ministère poursuivra des plaidoyers efficaces pour que certains besoins prioritaires trouvent des solutions.
« Je félicite enfin le personnel pour le travail abattu en faveur des filles et des femmes victimes de violences et je vous encourage à poursuivre les efforts malgré les conditions difficiles » a-t-elle indiqué.
Pour sa part, Dr Hervé Moke le médecin directeur de cet hôpital a indiqué que tous les services sont gratuits et accueillent majoritairement de jeunes filles mineures référées par des sous-commissariats et des institutions judiciaires.
« Depuis 2018, nous avons déjà reçu 2.874 victimes, cette année nous avons reçu 161 victimes que nous n’avons pas pu accompagner jusqu’à la réinsertion socio-économique par faute de moyens », a-t-il déploré.
La ministre du genre a effectué cette visite d’évaluation à l’Hôpital Général de Référence mère et enfant de ngaba, un des centres intégré de services multisectoriels (CISM), dans le but de s’enquérir de l’opérationnalité de la prise en charge des survivantes de violences sexuelles et de VBG.
ACP/ Aos/MN

