Kinshasa, 26 avril 2026 (ACP).- Une atteinte au droit des femmes à circuler librement et en sécurité a été dénoncée samedi, suite à l’adoption d’un édit par l’Assemblée provinciale de Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo (RDC), interdisant les femmes enceintes et les mineurs sur les taxis-moto, lors des échanges dans une tribune.
« Je dénonce cet édit qui porte atteinte au droit des femmes de circuler librement et en sécurité, au même titre que les hommes, et qui renforce des inégalités déjà profondes au lieu d’y apporter des solutions concrètes », a déclaré Dorcas Bwalelo, directrice exécutive de « Usawa initiative ».
Elle a décrié le fait que la société patriarcale veut encore décider à la place des femmes de la manière dont elles se déplacent, sans mettre en place de mécanismes d’accompagnement adaptés.
« Je comprends la volonté de protéger les femmes enceintes, vu la fragilité de leur état. Mais la solution ne peut pas être une interdiction brutale, sans information, sans alternatives de transport et sans mécanismes d’accompagnement », a indiqué Mme Bwalelo.
« En revanche, l’interdiction faite aux mineurs de prendre les taxis‑motos me paraît aussi profondément injuste car dans la plupart des cas, les enfants se déplacent avec un parent ou un adulte responsable. Pourquoi pénaliser ces familles qui n’ont souvent pas d’autre moyen de transport ? Pourquoi cette interdiction? », a-t-elle ajouté, précisant que cet édit devrait s’attaquer aux causes réelles de l’insécurité routière, notamment la formation des conducteurs, le respect du code, le surcharge et l’état des routes, au lieu de limiter la mobilité des femmes et des enfants.
Appel à l’interdiction du phénomène deux personnes de sexes opposés

De son côté, Tanya Yeme, membre de l’Union congolaise des femmes des médias (Ucofem) a invité les autorités urbaines à mettre en place une mesure interdisant le phénomène « deux personnes de sexes opposés sur une même moto » afin de protéger les femmes et jeunes filles aux abus dans ce secteur.
« Ce que les autorités devaient penser en premier, c’est d’interdire deux personnes de sexes opposés sur une même moto, car cette pratique expose les femmes à des harcèlement et autres abus. L’autorité urbaine doit d’abord prendre des mesures idoines pour lutter contre ces formes de violences faites aux femmes dans ce secteur de transport au lieu de rendre davantage les femmes enceintes et les enfants vulnérables », a-t-elle préconisé.
« Nous sommes sans ignorer que monter à bord d’un transport en commun pendant les heures de pointe à Kinshasa demande d’efforts énormes et pour les enfants et les femmes enceintes c’est de les envoyer à batailler dans les arrêts de bus. Imaginez un peu la scène avec des bousculades et autres violences physiques. Pour moi les autorités doivent revoir cette mesure », a conclu Mme Yeme.
Initiée par le député Nicolas Wemankoy, élu de Ngaliema, la proposition d’édit portant réglementation des transports par taxi motos dans la ville de Kinshasa a été voté par les députés provinciaux au cours de la plénière en continuation ce vendredi 24 avril 2026. Cet édit détermine les droits et obligations des conducteurs ainsi que les règles de protection des passagers. ACP/C.L.

