Kinshasa, 17 juin 2026 (ACP).- La formation des femmes relais communautaires sur les signes d’alerte, les modes de transmission et les mesures de prévention à été suggérée dans le cadre de la riposte contre la maladie d’Ebola en République démocratique du Congo (RDC), par une experte jointe au téléphone mercredi, suite à une publication de l’Onu-Femmes attribuant 53,4% cas à la population féminine.
« Il faudrait reconnaître l’influence des femmes dans les familles et les communautés. De manière concret sur le terrain, il faut former les femmes relais communautaires sur les signes d’alerte, les modes de transmission et les mesures de prévention, les intégrer dans les comités locaux de riposte en leur donnant des moyens de protection adaptés à leur rôle (désinfectants, chlore, gants, blouses de protection) », a déclaré Dr Nancy Mbula, épidémiologiste de terrain (FETP), spécialisée dans la surveillance épidémiologique, investigations des épidémies et réponse aux urgences de santé publique.
« En ce qui concerne la contamination, il faut retenir que les femmes ne sont pas responsables de la propagation de la maladie à virus Ebola (MVE). Elles sont souvent plus exposées parce qu’elles jouent un rôle central dans les soins. Dans beaucoup de familles, ce sont elles qui donnent à boire, lavent les vêtements, nettoient les vomissures ou les selles, accompagnent les enfants et les malades, ou assistent les personnes âgées. Or Ebola se transmet par contact direct avec le sang, les vomissures, les selles, la salive, la sueur, l’urine, les sécrétions ou les objets souillés d’une personne malade ou décédée », a-t-elle ajouté.
Selon le Dr Mbula, les femmes peuvent jouer un rôle majeur dans la sensibilisation, l’alerte précoce, la diffusion des messages, l’identification des rumeurs, l’accompagnement psychosocial et l’orientation des familles vers les services de santé.
« Les femmes doivent être au cœur de la riposte, tout en les protégeant parce qu’il faudrait reconnaître leur influence dans les familles et les communautés. D’où l’importance de les former correctement par des informations fiables, de les protéger et de leur donner une place dans la prise de décision », a-t-elle indiqué.
« Il est important d’associer les leaders communautaires féminins, les associations de femmes, les enseignantes, les sages-femmes, les confessions religieuses ainsi que les tradipraticiennes (ou guérisseuses) dans la communication des risques et la sensibilisation en adaptant les messages aux réalités des ménages (soins aux enfants, alimentation, funérailles, peur de l’isolement, rumeurs), leur instruire de ne pas toucher les malades ou les corps », a-t-elle renchéri, précisant l’Organisation mondiale de la santé (OMS) recommande que les corps des personnes suspectes ou confirmées d’Ebola soient pris en charge uniquement par des équipes formées, avec des enterrements dignes et sécurisés (EDS).
Selon l’épidémiologiste Mbula, il faut prévoir également une protection spécifique pour les femmes enceintes, les survivantes (malade d’Ebola guéries), les veuves et les filles.
Elle a précédé que la prévention de la transmission d’Ebola repose sur cinq mesures essentielles de prévention et de contrôle : alerter rapidement les équipes de santé, éviter tout contact avec les liquides biologiques ou les objets souillés, ne pas manipuler les corps, accepter le suivi des contacts pendant 21 jours et consulter sans délai en cas de symptômes.
Selon ONU-Femmes, parmi les cas confirmés en laboratoire en RDC et en Ouganda pour lesquels les données démographiques étaient disponibles, les femmes et les filles représentaient 53,4%. D’où l’importance d’intégrer les femmes dans la riposte tout en les formant sur les mesures barrières et préventives.
ACP/JW/YM
Riposte contre Ebola : la formation des femmes relais communautaires suggérée en RDC
Dr Nancy Mbula, épidémiologiste de terrain (FETP), spécialisée dans la surveillance épidémiologique, investigations des épidémies et réponse aux urgences de santé publique

