Tshopo: vulgarisation du Protocole de Maputo auprès des femmes vivant avec handicap

Kisangani, 17 octobre 2025 (ACP).- La vulgarisation du Protocole de Maputo,  notamment la santé sexuelle et reproductive a été expliquée aux femmes vivant avec handicap de Kisangani, chef-lieu de la Tshopo, dans le Nord-est de la République démocratique du Congo (RDC), lors d’un atelier de sensibilisation.

«Nous avons échangé avec l’association des personnes vivant avec handicap autour de la vulgarisation du Protocole de Maputo et de la sensibilisation afin de contribuer à la réduction des décès maternels», a déclaré Dr Thérèse-Marie Mokaria, médecin coordinatrice provinciale du Programme national de la santé et de la reproduction (PNSR).

Elle a expliqué que le choix de cette catégorie de la population se justifie par sa vulnérabilité et son faible accès à l’information. Selon elle, ces personnes, encore en processus d’intégration sociale, doivent être parmi les premières à bénéficier d’informations aussi essentielles et peuvent, à leur tour, devenir des relais de sensibilisation au sein de leurs communautés.

Il a été rappelé aux participantes que le Protocole de Maputo n’autorise l’avortement que dans quatre cas précis: le viol, l’inceste, ou lorsque la grossesse met en danger la vie de la mère ou celle du fœtus, tout en appelant à une compréhension responsable et éclairée de ces dispositions.

Dr Thérèse-Marie Mokaria a également rappelé que la RDC a ratifié ce protocole dans des conditions adéquates, soulignant qu’au regard du taux élevé, environ 13% de décès maternels liés aux avortements clandestins dans la Tshopo, chacun doit agir selon sa conscience, dans le respect du droit de la femme à décider librement de sa vie et de sa santé.

«Nous sommes ici pour vulgariser le Protocole de Maputo et parler de l’avortement, qui, bien qu’interdit en RDC, est autorisé par ce protocole signé au Mozambique dans certains cas précis: en cas de viol, d’inceste, lorsque la grossesse met en danger la vie de la mère ou celle du fœtus. L’objectif est de promouvoir le bien-être des femmes et filles handicapées et de les informer sur leurs droits», a expliqué Mme Chantal Lisisa, facilitatrice au sein de l’Asbl «Action des femmes handicapées pour les droits de l’homme et le développement intégral (Afhadhodi)».

Cet atelier de cinq jours, soit du 17 au 21 octobre, vise à vulgariser le Protocole de Maputo auprès des femmes vivant avec handicap dans les zones de santé de Makiso-Kisangani, Tshopo et Lubunga. Organisé par l’ASBL Afhadhodi, cet atelier est animé par le PNSR, avec l’appui financier de MSI RDCongo.

ACP/ODM

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