Kinshasa, 3 nov. 2025 (ACP).- Les autorités et la société civile ont été interpellées sur les violences que subissent les enfants en rupture familiale appelés shegués, à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo (RDC), lors d’un plaidoyer mené lundi. « Les enfants de la rue que l’on appelle communément shegués, sont livrés à eux-mêmes et vivent dans des conditions alarmantes, sans encadrement. Ils deviennent de plus en plus visibles dans les rues de la capitale congolaise et survivent par des moyens précaires, exposés à la violence, à la drogue et à l’exclusion sociale. C’est pourquoi, je viens plaider auprès des autorités et de la société civile pour l’encadrement de ces derniers », a déclaré Mme Charmante Mputu, responsable de l’ONG Œuvre de suivi, d’éducation et de protection des enfants de la rue (Osefer).
« Ces enfants et jeunes, souvent abandonnés ou fuyant la maltraitance familiale, vivent dans les marchés, les stations, sous les ponts ou dans les coins abandonnés de Kinshasa. Ils endurent la faim, l’insécurité, l’exploitation, la drogue, les vols et les violences. Ce phénomène, présent depuis plusieurs décennies, s’est accentué après les guerres et la crise économique », a-t-elle ajouté.
Mme Mputu a fait savoir que pour changer la situation, plusieurs pistes d’action sont envisageables, notamment la combinaison de l’éducation, du soutien familial, de politiques de protection de l’enfant et de la lutte contre la pauvreté, tout en renforçant les centres d’accueil et de réinsertion. Selon elle, il faut impliquer les familles, les ONG et les autorités locales dans la lutte contre la pauvreté et les violences familiales.
Cette actrice sociale a indiqué que malgré la gravité du phénomène, les actions concrètes demeurent limitées et souvent ponctuelles. Ce manque de solutions durables s’explique, selon elle, par l’insuffisance de moyens et le désintéressement politique face à l’encadrement des enfants en rupture familiale, souvent livrés à eux-mêmes, après avoir fui la pauvreté, la maltraitance ou des accusations de sorcellerie.
« Ce phénomène des enfants de la rue, apparu dans les années 1980 à Kinshasa, s’est amplifié avec les crises politiques, économiques et sociales successives qu’a connues la RDC », a-t-elle révélé, avant de faire savoir que « ces enfants estimés à plusieurs milliers dans la capitale, vivent souvent sans accès à l’éducation, aux soins et à un encadrement familial, représentant un défi humanitaire et social majeur pour les autorités urbaines et les acteurs de la protection de l’enfance », a-t-elle conclu.ACP/

