Kinshasa, 4 avril 2026 (ACP).- Le rôle de la fiscalité dans l’attractivité des investissements directs étrangers (IDE) en Afrique a fait l’objet d’une soutenance de thèse doctorale, samedi, à l’Université pédagogique nationale (UPN), à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo (RDC).
« La présente recherche s’est inscrite dans le débat scientifique relatif au rôle de la fiscalité dans l’attractivité des investissements directs étrangers (IDE) en Afrique. L’objectif principal de notre étude était d’évaluer l’impact de la fiscalité sur les flux d’IDE et d’examiner dans quelle mesure les politiques fiscales peuvent constituer un levier d’attraction des investissements étrangers tout en préservant les recettes publiques nécessaires au financement du développement économique », a déclaré le chef de travaux Samuel Molondo, auteur de la thèse.
Il a précisé que cette problématique revêt d’une importance particulière pour les économies africaines, caractérisées par une faible capacité d’épargne interne et une forte dépendance aux capitaux extérieurs pour soutenir la croissance et la transformation structurelle.
Le récipiendaire a fait savoir que les résultats de cette étude ont montré que la fiscalité appliquée aux sociétés et aux échanges commerciaux exerce un effet négatif sur l’attractivité des IDE.
« En particulier, une augmentation de 1% des taxes sur les sociétés entraîne une réduction des IDE de 0.156%, tandis qu’une hausse de 1% des taxes sur le commerce international réduit les IDE de 6.079%. Ces résultats confirment que des niveaux élevés d’imposition sur les activités productives et sur les échanges peuvent réduire la rentabilité attendue des investissements et dissuader les entreprises multinationales d’implanter leurs activités dans les économies concernées », a révélé le chef des travaux Molondo.
Par ailleurs, l’étude a mis également en évidence l’importance des conventions fiscales internationales dans l’attractivité des investissements étrangers.
Des recommandations
Au regard des résultats, l’impétrant a formulé plusieurs recommandations de politique économique. Selon lui, il apparaît notamment nécessaire pour les gouvernements africains, de mettre en place des systèmes fiscaux plus équilibrés, capables à la fois de mobiliser les ressources nécessaires au financement du développement et de préserver l’attractivité des économies pour les investisseurs rangers.
« Cela implique, notamment la réforme de la fiscalité sur les sociétés et sur le commerce mernational, le renforcement du réseau de conventions fiscales internationales, l’amélioration du climat des affaires et la diversification des incitations économiques », a-t-il suggéré.
Après débat et délibération, le candidat a été proclamé docteur en fiscalité avec mention « la plus grande distinction ».
ACP/UKB

