Kinshasa, 26 février 2026 (ACP).- L’institutionnalisation d’une ingérence armée par certains dirigeants au niveau régional a été dénoncée mercredi à Ottawa, au Canada, en rapport avec la guerre d’agression rwandaise dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), lors d’une conférence publique consacrée à la situation sécuritaire congolaise.
« Cette continuité historique montre que nous ne sommes pas face à des crises isolées, mais à une configuration régionale où certains États ont institutionnalisé l’ingérence armée comme modalité d’action extérieure », a déclaré le professeur Yvon Muya, à l’introduction de cette conférence à l’université Saint-Paul.
Il a fait savoir que les enjeux économiques sont à la base de la perte de plusieurs vies.
« Plusieurs personnes perdent leur vie à cause de la guerre dans l’est de la RDC. Les minerais qui sortent et qui sont vendus dans beaucoup de pays transitent par des aéroports de pays voisins, dont le Rwanda. ».
« Les victimes de violences multiples notamment des femmes soignées par les Médecins sans frontières dans la province du Nord-Kivu subissent torture physique et psychologique, déplacement forcé et meurtre », a conclu le professeur dans son intervention.
Des millions de congolais meurtris par l’agression rwandaise depuis 1994
Cette guerre, débutée en 1994, a coûté la vie à des millions de victimes, décimant des familles entières, d’après les propos tenus par Patrick Muyaya, ministre de la Communication et des Médias, lors de cette conférence organisée sous le thème « Trente ans de conflit dans l’Est de la République démocratique du Congo, dynamiques régionales, enjeux humanitaires et perspectives de paix », dans l’amphithéâtre de l’Université Saint Paul à Ottawa.
« C’est une guerre qui a commencé depuis 1994, et tenez-vous bien, c’est une guerre qui a emporté des millions de personnes et elle continue encore à décimer des familles>>, a souligné le porte- parole du gouvernement.
« Elle n’est pas celle du président Tshisekedi, mais un conflit structurel que la RDC traite via le rapatriement des FDLR et les accords de Washington, qui obligent le Rwanda à retirer ses troupes », a insisté le ministère lors de son intervention.
ACP/C.L.

