Kinshasa, 15 octobre 2025 (ACP).- La questeure adjointe de l’Assemblée nationale de la République démocratique du Congo s‘est opposée « farouchement », lors d’un point de presse, jeudi, à la décision prise par l’ancien président Joseph Kabila de prendre la tête d’un mouvement politico-militaire dénommé Front pour la Refondation de la Nation (FRN).
« J’ai tenu à exprimer publiquement ma position en tant qu’élue de la Grande Orientale. Je condamne avec la plus grande fermeté cette démarche qui constitue une menace pour la paix, la stabilité et l’intégrité territoriale de notre pays. Le recours aux armes ne saurait être une voie légitime de conquête du pouvoir politique », a déclaré la députée nationale Grâce Neema, dans un ton ferme.
Selon elle, « dans un pays meurtri depuis plus de trente ans par des guerres et des agressions répétées, notamment celles imputées au Rwanda, il est inacceptable et impensable de voir celui qui a présidé aux destinées de la RDC pendant dix-huit ans, emprunter une voie qui risque de poignarder une fois de plus la Mère-Patrie ».
Pour l’élue de la province du Bas-Uélé, Joseph Kabila qui a exercé les plus hautes fonctions de l’État, devrait plutôt être parmi les premiers défenseurs de la paix, de la souveraineté nationale et de l’unité du peuple congolais.
« Un ancien Chef de l’État doit être un artisan de paix, pas de guerre. Notre pays a déjà trop souffert. Les populations de l’Est ont payé un lourd tribut aux conflits armés. Aucune ambition politique ne peut justifier de nouvelles pertes en vies humaines, le déplacement des familles et la destruction de nos communautés », a tapé du poing sur la table la députée nationale.
Elle a convié Joseph Kabila à emboiter le pas à ses homologues et anciens présidents, à servir la Nation autrement que par la confrontation.
A titre illustratif, Grâce Neema à fait allusion notamment aux chefs d’Etat honoraires Olusegun Obasanjo du Nigeria, Catherine SambaPanza de la République centrafricaine, John Agyekum Kufuor du Ghana ou Macky Sall du Sénégal qui, à différentes étapes de leur parcours, contribuent à des initiatives de dialogue, de médiation ou de diplomatie.
« Plus jamais la guerre de Kisangani »
La questeure adjointe de la Chambre basse du Parlement a rappelé la mémoire douloureuse de Kisangani, ville martyre de la guerre de Six Jours de juin 2000, au cours de laquelle les armées rwandaise et ougandaise se sont affrontées sur le territoire congolais, causant d’innombrables souffrances aux populations.
« Aujourd’hui encore, les victimes de cette guerre attendent la pleine réparation des préjudices subis, notamment à travers le processus d’indemnisation du FRIVAO », s’est-elle indignée.
Et de renchérir : « la Grande Orientale ne doit plus revivre les tragédies du passé. Kisangani ne doit plus jamais être le théâtre d’une nouvelle guerre. J’en appelle également à la communauté internationale, particulièrement aux États-Unis d’Amérique, à l’Union africaine et aux Nations unies, afin que les efforts diplomatiques engagés aboutissent à des résultats concrets pour la paix, la sécurité des populations et le respect de la souveraineté de la République démocratique du Congo ».
Neema en appelle à un soutien azimut derrière Félix Tshisekedi
Face aux menaces qui pèsent sur la RDC, elle a exprimé son soutien au Président de la République, Félix Tshisekedi, dans ses efforts pour défendre l’intégrité territoriale, restaurer la paix et préserver les institutions du pays.
Ainsi, elle a invité le peuple congolais, au-delà de ses divergences politiques, à faire bloc autour du Chef de l’État et à soutenir les Forces armées, la Police nationale ainsi que l’ensemble des services de sécurité, engagés dans la défense du territoire national et la protection des populations. ACP/C.L.

