Bruxelles, 1 mai 2026 (ACP).- Le Centre d’entraînement aux méthodes d’éducation active au Congo (Cemeaco), une association congolaise membre de la Fédération belge des amis de la morale laïque (FMA), a dévoilé jeudi, lors d’un point de presse à Bruxelles, le résultat de son travail de monitoring sur les atteintes aux droits humains et au droit international humanitaire dans les provinces dans l’Est de la République démocratique du Congo, en vue d’une justice transitionnelle en faveur des victimes.
«Notre travail a consisté à documenter, dans un premier temps, les violations des droits humains pendant la période allant de janvier à août 2025, marquée par des offensives majeures contre les villes de Goma et Bukavu, au cours de laquelle nos agents sur le terrain ont rapporté plusieurs centaines d’exécutions, d’enlèvements, de tortures et de destructions massives», a expliqué M. Emmanuel Kazadi Tshishiku, vice-président du Cemeaco.
Dans un fascicule de 55 pages distribué au cours de cette conférence organisée en collaboration avec le Front uni pour la RDC, l’association fait état, particulièrement en ce qui concerne les violences sexuelles, d’un échantillon d’une centaine de viols collectifs, de cas d’esclavage sexuel, de mariages forcés et de recrutements des jeunes files depuis l’occupation des villes et territoires des trois provinces de l’Est, à savoir: les Nord et Sud-Kivu ainsi que l’Ituri, par les troupes du M23-AFC et de la coalition RDF, en mentionnant les dates, les noms des victimes et les circonstances des exactions.
Pour le vice-président de Cemeaco, ce rapport est «le fruit des efforts immenses» des membres d’un réseau d’organisations de la société civile regroupés au sein de cette association et engagés dans la défense des droits humains, la promotion de l’égalité entre les femmes et les hommes, l’éducation à la citoyenneté, la consolidation de la paix et le renforcement de la démocratie.
Le rapport s’inscrit dans une démarche de documentation continue visant non seulement à assurer le suivi des violations précédemment recensées par diverses organisations, mais également à alerter sur leur persistance et leur évolution, en vue de l’urgence d’une réponse coordonnée et durable tant au niveau national qu’international, et garantir la protection effective des civils, lutter contre l’impunité et favoriser le retour progressif de la paix et de la stabilité dans l’Est de la RDC, a précisé M. Kazadi.
«Le temps de l’impunité est révolu. Maintenant, il est temps pour la justice», a-t-il plaidé. Pour sa part, Me Sonny Kabeya, secrétaire général du Front uni pour la RDC, une association qui lutte en faveur du respect de la souveraineté du pays, de l’unité nationale et du respect pour les victimes de l’Est, a souligné qu’il ne peut y avoir de paix sans la justice.
Ainsi, «le Front uni s’emploie à mobiliser toutes les dispositions légales disponibles, dont la loi sur la compétence universelle, pour amener la Belgique à se saisir de toutes les violations commises en RDC», a-t-il souligné.
À cet effet, il a rappelé les différentes actions menées dans la diaspora congolaise en vue de sensibiliser l’opinion internationale pour la paix en RDC, notamment des marches, des sit-in devant les institutions européennes et même une caravane de paix organisée à Washington, avant d’annoncer l’organisation, le 16 mai prochain en Belgique, d’un «procès simulé de la Cour pénale internationale (CPI)», en se basant sur des faits réels, dont ceux documentés par le Cemeaco, en vue de sensibiliser les Congolais de la diaspora, décourager ceux qui font l’apologie de la haine et mobiliser la communauté internationale pour la cause de la RDC.
La Fédération belge des Amis de la morale regroupe des associations de surveillance des droits humains dans trente-six pays, dont la RDC.
ACP/ODM

