Climat en RDC : appui aux droits et moyens de subsistance aux communautés autochtones 

Kinshasa, 8 décembre 2025 ( ACP )-  Les travaux de la Réunion de stratégie et de lancement du projet « Appui aux Droits et Moyens de Subsistance des communautés autochtones et locales pour le développement, le climat et la conservation en RDC » ont été  lancés mardi à Kinshasa, a appris l’ACP, de source officielle.

«  L’ouverture de l’atelier du projet (…) en RDC que nous lançons aujourd’hui entend discuter sur les stratégies de sa mise en œuvre« , a déclaré le secrétaire général aux Affaires foncières, M. Gérard Mugangu qui représentait   à cet atelier la ministre d’État, ministre des Affaires foncières.

M. Gérard Mugangu a salué l’accompagnement de la Coalition Rigths Resources Institute (RRI) qui appuie les communautés locales depuis plus de 12 ans  assortis maintenant des résultats encourageants réalisés par les organisations membres dans les domaines foncier et forestier, tout en reconnaissant les efforts de cette  coalition depuis plusieurs années en faveur d’une meilleure connaissance approfondie des droits fonciers, de la foresterie communautaire, des nouvelles approches de la conservation et du climat  dirigés par les communautés en vue  de  l’amélioration des moyens de subsistance de ces mêmes communautés les plus vulnérables à travers diverses initiatives dans le pays.

Il a aussi remercié la coopération suédoise qui appuient cette initiative à juste titre.

En 2021, la RDC  a validé la loi dont la nouvelle politique  nationale foncière contient  des dispositions pertinentes et positives reconnaissant des droits fonciers coutumiers notamment à travers le SIF, un outil de collecte des donnees géolocalisées et un répertoire  des terres  disponibles pour le développement du pays. 

La politique reconnaît les droits et les titres fonciers de manière collective et aussi individuelle, le clip et les instruments de gestion foncière, a- t- il indiqué. 

M.Dieudonné Ngwashi, Coordinateur de la Commission nationale de la réforme foncière (Conaref) a  laissé entendre que son organisation a œuvré, depuis sa création avec  détermination à la réforme de la gouvernance foncière nationale en RDC.

« L’adoption de la nouvelle politique foncière nationale, en 2021, constitue une avancée majeure dans ce processus. Ce cadre stratégique établit des orientations et des principes fondamentaux qui guident l’action du pouvoir public en matière de gouvernance foncière et immobilière.

Parmi les principes essentiels figurent la décentralisation, la transparence, la participation, la performance et la recevabilité. 

Ces principe visent à garantir une gestion foncière exemplaire, tout en assurant  des services de proximité, a-t-il expliqué.

Et de renchérir : « Dans ce contexte, j’aimerais particulièrement souligner l’importance du SIF, un outil institué par la politique foncière pour clarifier les occupations coutumières des terres et tracer les  droits d’exercer sur celles des populations rurales, tout en notant qu’il vise à harmoniser les politiques ainsi que les cadres législatifs et réglementaires nationaux, ayant une incidence sur les foncier avec les engagements régionaux et internationaux souscrits par notre pays.

 Selon le coordinateur de la Conaref, le projet qui démarre aujourd’hui s’aligne sur le plan d’action de la Conaref, la mise en œuvre de la politique foncière nationale et en particulier sur le renforcement des capacités des services décentralisés et de la l’administration indispensable à la mise en œuvre du SIF. Il a rappelé que sous le haut patronage de la  ministre d’État, ministre des Affaires foncières, il s’est tenu au mois de novembre 2024, à Kinshasa le premier atelier de formation des formateurs destinée aux agents et cadres de l’administration foncière.

Cet atelier portait sur l’utilisation des outils du SIF ainsi que sur les méthodes de collecte et des traitements des données géo spatiales à l’ère du numérique. 

L’appui apporté  par la coopération suédoise vient à ce projet, à travers la coalition RRI contribuera à la mise à échelle à la formation nécessaire et à l’expérimentation du SIF dans cinq provinces du pays.Il  s’agit des  provinces pilotes sélectionnées du Kwilu, du  Kongo-Central, de l’Équateur, de la Tshopo et du Sud-Ubangi.

Il a reconnu la contribution apportée  par RRI au secteur foncier en RDC.

« La coalition RRI n’est pas à sa première collaboration avec la conaref en faveur de l’amélioration de la gouvernance foncière. En effet, le RRI a accompagné le Conaref depuis le lancement de la réforme foncière dans notre pays et y a substantiellement contribué.

La RDC se distingue dans la région Afrique

De son côté, Patrick Kipalu, Directeur Afrique a fait savoir les prouesses réalisées par la RDC dans les processus de différentes réformes notamment foncière.

« En particulier, la RDC se distingue dans la région Afrique par un certain nombre de réformes progressives notamment avec la réforme foncière en cours qui a conduit à l’adoption des nouvelles politiques foncière en RDC et de  la  vente du crédit carbone.

Les gouvernements africains et les institutions régionales reconnaissent de plus en plus le rôle majeur joué par les peuples autochtones et les communautés locales du continent dans la conservation et le développement durable.

Selon les recherches de RRI, l’Afrique a enregistré une augmentation de 12 pourcent entre 2015 et 2020 dans la reconnaissance légale des droits fonciers communautaires, un pourcentage supérieur à celui de l’Asie ou de l’Amérique latine.

« Aujourd’hui les peuples autochtones et communautés locales représentent 2, 5 milliards des personnes dans le monde et protègent plus de 50 pourcent de terres de la planète.

Pourtant, ils ne les possèdent légalement qu’à hauteur de 11 pourcent, alors que les recherches montrent que les terres légalement détenus par ces communautés et désignées pour elles connaissent des taux de déforestation très faibles et stockent davantage de carbone et profitent à un plus grand nombre de personnes sur les forêts gérées par les autres acteurs.

D’après Patrick Kipalu, depuis deux décennies,  le RRI promeut un dialogue ouvert et une collaboration entre un large éventail d’alliés, y compris la société civile, le gouvernement, les bailleurs  des fonds et le secteur privé pour mettre en œuvre des politiques foncières dans le pays du Sud qui garantissent et défendent les droits de ces communautés 

« La bonne nouvelle, c’est que nous observons aujourd’hui une transformation significative et positive dans le secteur du régime foncier et de l’aménagement du territoire en Afrique », s’est-il réjoui.

ACP/

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