Montréal, 02 septembre 2025 (ACP).- La Communauté congolaise de Montréal (COCOM) et celle de Québec ont appelé, mardi, les autorités canadiennes au respect des droits fondamentaux des enfants, après une décision sur la déportation de plusieurs Congolais réfugiés politiques, lors d’une conférence de presse.
« Le Canada est en train de faire une déportation des peuples qui ne sont pas en règle avec l’immigration et, malheureusement, la grande partie ce sont des Congolais », a expliqué Me Lumbala Kabeya, avocat près la cour d’appel de Matete et conseiller juridique au barreau du Québec.
« Il ne s’agit pas des Congolais non en règle, mais plutôt une confusion de la part du gouvernement canadien dans la notion d’inadmissibilité », a renchéri Me Lumbala.
D’après cet avocat, le gouvernement canadien estime que tout demandeur d’asile en provenance de la RDC est considéré comme ayant fait partie d’un mouvement qui a pris les armes contre le pouvoir.
« Plusieurs Congolais doivent quitter le sol canadien pour avoir été membres d’un mouvement de libération. Selon le gouvernement canadien, ces mouvements et leurs membres restent dangereux étant dans le sol canadien », a affirmé Me Lumbala, citant à titre d’exemple quelques cas des familles congolaises touchées par les déportations des leurs. « A titre d’exemple, Mireille âgée de 13 ans, Nelyane 10 ans, Chrisni 6 ans, et Crison 3 ans, ont appris que leur père, installé depuis dix ans au Canada, doit quitter le territoire avant le 5 septembre 2025. Un autre cas similaire est celui du père biologique de l’enfant Kimia, née le 19 mai 2025. Celui-ci est sous le coup d’un renvoi exécutoire le 10 septembre 2025. Les autorités fédérales le considèrent inadmissible après plus de 6 ans de vie à Québec », a relaté l’avocat.
De même, a-t-il poursuivi, un autre parent pourrait être déporté incessamment, laissant derrière lui sa femme avec 4 enfants à Montréal. Il a fait savoir qu’au Canada, plusieurs autres ressortissants reçoivent ainsi des avis de renvoi, sans pouvoir faire réviser la décision prise. « Est-ce correct qu’on oblige des citoyens canadiens à quitter leur vie québécoise soit en restant sans parent nourricier, ou encore pour aller dans un pays qui leur est tout à fait inconnu alors qu’un processus légal normal n’a pas permis à ce parent d’être entendu », s’est interrogé Me Lumbala.
Devant cette situation, cet avocat au barreau près la cour d’appel de Matete a annoncé une campagne qui serait en train d’être menée au Canada, afin de faire comprendre aux autorités que certains membres des anciens mouvements politiques font partie du gouvernement et de quelques institutions du pays.
Il a, par ailleurs, déploré que les organismes de la société civile, dont l’Association américaine des Juristes, réclament que « les autorités valident des renseignements anciens, tels l’inadmissibilité, concernant des citoyens qui vivent au Canada depuis longtemps et pour lesquels aucun méfait n’a pu leur être imputé durant leur séjour ». Ces arguments, a-t-il conclu, sont mal fondés et ne méritent aucune expulsion. ACP/UKB

