Bunia, 20 mai 2026 (ACP)- Les autorités sanitaires de la province de l’Ituri dans le nord- est de la République démocratique du Congo, ont procédé du 15 au 19 mai à l’identification et au recensement de tous les points d’entrée et de sortie en vue du renforcement des mesures de contrôle sanitaire contre la propagation de la maladie à virus Ebola, a-t-on appris mercredi de source sanitaire.
« Cette mission consiste à identifier et recenser tous les points d’entrée et de sortie de la province où seront implantés des postes de contrôle sanitaire afin de limiter la propagation de la maladie à virus Ebola », a déclaré le docteur Théophile Ponde, coordonnateur du Programme national de l’hygiène aux frontières (PNHF) dans la province de l’Ituri.
Selon la source, cette mission a été effectuée du 15 au 18 mai 2026 dans plusieurs entités du territoire de l’Ituri avant de se clôturer à Bunia le 19 mai, sur instruction du gouverneur militaire de l’Ituri, le lieutenant-général Johnny Luboya Nkashama.
Le docteur Ponde a indiqué que plusieurs personnes traversent continuellement les frontières et différents axes pour le commerce transfrontalier, les soins médicaux ainsi que d’autres activités socioéconomiques.
« Les mouvements des voyageurs entre la province de l’Ituri et celle du Nord-Kivu, ainsi qu’entre la République démocratique du Congo et l’Ouganda, nécessitent le renforcement des dispositifs de surveillance sanitaire », a-t-il ajouté.
Parmi les points jugés prioritaires en raison de leur forte fréquentation figurent notamment Tchai, Mudzipela, Iga-Barrière, Pont Nizi, Dele, l’aéroport de Bunia, Mandje, Kasenyi, Tchomia et Nyamusasi.
La même source a précisé que la plupart des sites visités sont actuellement occupés par les barrières de la Direction générale des recettes de la province de l’Ituri (DGRPI).
Depuis le 16 mars 2026, la province de l’Ituri fait face à l’épidémie de la maladie à virus Ebola. Le bilan provisoire fait état de plus de 500 cas suspects et de 118 décès, selon les données sanitaires provinciales.
Les zones touchées comprennent notamment Mongbwalu, Bunia et Rwampara.
Rappel historique
Cette épidémie d’Ebola Bundibugyo déclarée le 15 mai par le ministre congolais de la Santé, est la dix-septième enregistrée.
L’épidémie d’ « Ebola Zaïre » de 2018-2020 à Mangina, Beni et Butembo avait fait pour sa part 2.200 morts dans la même région.
Actuellement, il s’agit d’une variante génétiquement distincte des précédentes épidémies Bundibugyo de 2007 et 2012, issue directement d’un réservoir animal, selon le directeur de l’INRB Jean-Jacques Muyembe.
L’épidémiologiste insiste sur le rôle central de l’engagement communautaire, « déjà démontré lors des réponses récentes » pour lutter contre Ebola.
Le renforcement des agents de santé communautaires est présenté comme un levier essentiel pour améliorer la détection précoce, la surveillance, la communication des risques.
Des mesures sont recommandées par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) pour éviter la transmission du virus entre les personnes :
lavage régulier des mains avec de l’eau et du savon ;
utilisation d’une solution hydroalcoolique lorsqu’il n’y a pas d’eau disponible.
Il faudra également
éviter le contact avec les liquides biologiques,
ne pas toucher le sang, la salive, la sueur, les vomissements, l’urine ou d’autres liquides corporels d’une personne malade ou décédée et isoler des personnes malades
Les personnes présentant des symptômes doivent être rapidement isolées et prises en charge dans un centre de santé.
Quant aux agents de santé et des proches des malades il leur est demandé le
port d’équipements de protection, des gants, masques, lunettes et vêtements de protection.
Les agents de santé et les proches aidants doivent éviter les contacts avec les corps des personnes décédées
Les funérailles doivent être organisées par des équipes spécialisées.
La maladie à virus d’Ebola a été découverte pour la première fois en RDC en 1976 par le médecin congolais Jean Jacques Muyembe.
ACP/C.L.

