Ebola en RDC : trois provinces touchées et 204 décès suspects enregistrés (Ministre de la Santé)

Kinshasa, 25 mai 2026 (ACP).- Trois (3) provinces de la République démocratique du Congo, sont actuellement touchées par le virus Ebola, avec 204 décès suspects recensés dans les zones affectées, selon le ministre de la Santé publique, lors de son intervention, lundi, à l’Assemblée nationale à Kinshasa.

« À ce jour, nous comptons trois (3) provinces touchées par le virus Ebola, avec plusieurs zones de santé affectées: sept (7) zones de santé dans la province de l’Ituri, trois (3) dans la province du Nord-Kivu et une (1) dans la province du Sud-Kivu. En termes de chiffres, à ce jour, concernant le nombre de décès suspects, nous enregistrons environ 204 décès suspects dans l’ensemble des zones touchées. Tant que les analyses de laboratoire ne sont pas confirmées, ces décès restent classés comme suspects», a déclaré le Dr. Roger Kamba, ministre de la Santé.

Il a précisé que 101 tests positifs sont déjà été confirmés en laboratoire, dont 10 décès confirmés liés au virus. «Plusieurs maladies présentent des symptômes similaires, raison pour laquelle nous parlons encore de décès suspects ou probables avant confirmation scientifique», a expliqué le ministre de la Santé.

Le Dr. Roger Kamba a également indiqué qu’environ 900 personnes présentant des symptômes suspects sont actuellement suivies par les équipes médicales, tandis que 147 patients sont hospitalisés et placés en isolement dans différentes structures de soins du pays.

« Certaines de ces personnes sont des cas confirmés et d’autres restent des cas suspects», a-t-il précisé.

Concernant la propagation transfrontalière de l’épidémie, le ministre a évoqué un premier cas ayant quitté la RDC pour recevoir des soins en Ouganda.

« Cette personne est décédée en Ouganda et son corps a ensuite été rapatrié en RDC. Dès lors que le cas s’est retrouvé sur les ougandais, nous avons considéré que l’Ouganda était également touché», a affirmé le ministre Kamba, ajoutant que cinq (5) cas probables y sont actuellement signalés.

Abordant la question de la prise en charge sanitaire, le ministre a rappelé que le seul vaccin actuellement homologué reste celui contre la souche « Ebola Zaïre », déjà utilisé lors de l’épidémie survenue à Bolamba, il y a cinq mois.

Il a, cependant, indiqué qu’aucun traitement avéré n’existe encore contre cette nouvelle souche, contrairement à « Ebola Zaïre » pour laquelle des anticorps monoclonaux sont déjà disponibles.

D’après lui, des discussions sont en cours avec les autorités américaines, le CDC d’Atlanta ainsi que l’Organisation mondiale de la santé (OMS), afin d’obtenir un anticorps monoclonal similaire à celui utilisé contre « Ebola Zaïre ».

« Nous sommes actuellement en discussion avec les autorités américaines afin de disposer de cet anticorps monoclonal, qui nous permettrait de prendre en charge les personnes déjà touchées», a-t-il déclaré.

Le ministre a, par ailleurs, souligné qu’aucun candidat vaccin n’est encore disponible surplace contre cette nouvelle souche, tout en assurant que la RDC suit de près les travaux des équipes internationales de recherche.

Mesures de protection

Devant les élus nationaux, le ministre de la Santé publique a indiqué que la première mesure consiste à éviter tout contact avec les personnes malades et à privilégier des enterrements sécurisés afin de limiter les risques de propagation du virus. Il a également appelé les communautés à ne pas considérer Ebola comme une maladie mystique et à adapter certaines pratiques traditionnelles liées aux cérémonies funéraires.

«Les cérémonies funéraires telles qu’elles sont habituellement organisées constituent une importante source de contamination», a-t-il averti, avant d’annoncer que les autorités sanitaires poursuivent parallèlement les campagnes de sensibilisation dans les provinces touchées afin de renforcer la prévention et d’encourager le respect des consignes sanitaires.

« Nous avons déjà vaincu quinze épidémies sans vaccin ni médicament, parce que le véritable traitement dans une épidémie repose avant tout sur les mesures de santé publique (…) Je rappelle que lorsque nous avons fait face à Ebola Zaïre en 2018-2019, nous ne disposions ni de vaccin ni de traitement. Pourtant, nous avons réussi à contenir cette épidémie», a-t-il conclu.

ACP/

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