Kinshasa, 19 mai 2026 (ACP).- Les chercheurs de l’Institut national de recherche biomédicale (INRB), à Kinshasa, ont séquencé en moins de 24 heures, le génome complet du virus responsable de la 17 ème épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo (RDC), a annoncé, mardi, lors briefing consacré à l’épidémie, le virilogue congolais Jean- Jacques Muyembe.
« Notre force, c’est vraiment d »avoir séquencé les génomes complets du virus Bundibugyo en moins de 24 heures », a déclaré le professeur Muyembe.
Selon le scientifique, le virus détecté à Bunia appartient à la souche Bundibugyo, mais présente des caractéristiques distinctes des variants identifiés en Ouganda en 2007 et à Isiro en 2012.
« Le virus de Bunia est un variant de Bundibugyo distinct des variants de 2007 et de 2012 », a-t-il précisé, évoquant une probable transmission zoonotique.
« Cela veut dire qu’il s’agit d’une entrée ou d’une sortie d’une infection zoonotique : à partir d’un animal, nous avons été infectés », a expliqué le directeur général de l’INRB.
Le chercheur a toutefois insisté sur le fait qu’« il ne s’agit pas d’un nouveau virus », mais d’« un variant distinct » déjà rattaché à la famille Bundibugyo.
Cette épidémie d’Ebola Bundibugyo déclarée le 15 mai par le ministre congolais de la Santé est la dix-septième enregistrée.
Rappel historique
Ebola a débuté en septembre 1976 dans le village de Yambuku (Bumba) dans l’ancienne province de l’Equateur. Un bilan de 318 cas et 280 décès avait été enregistré.
L’épidémie d’ « Ebola Zaïre » de 2018-2020 à Mangina, Beni et Butembo avait fait pour sa part 2.200 morts dans la même région.
Actuellement, il s’agit d’une variante génétiquement distincte des précédentes épidémies Bundibugyo de 2007 et 2012, issue directement d’un réservoir animal, selon le directeur de l’INRB Jean-Jacques Muyembe.
L’épidémiologiste insiste sur le rôle central de l’engagement communautaire, « déjà démontré lors des réponses récentes » pour lutter contre Ebola.
Le renforcement des agents de santé communautaires est présenté comme un levier essentiel pour améliorer la détection précoce, la surveillance, la communication des risques.
Des mesures sont recommandées par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) pour éviter la transmission du virus entre les personnes :
lavage régulier des mains avec de l’eau et du savon ; utilisation d’une solution hydroalcoolique lorsqu’il n’y a pas d’eau disponible.
Il faudra également éviter le contact avec les liquides biologiques, ne pas toucher le sang, la salive, la sueur, les vomissements, l’urine ou d’autres liquides corporels d’une personne malade ou décédée et isoler des personnes malades. Les personnes présentant des symptômes doivent être rapidement isolées et prises en charge dans un centre de santé.
Quant aux agents de santé et des proches des malades il leur est demandé le port d’équipements de protection, des gants, masques, lunettes et vêtements de protection. Les agents de santé et les proches aidants doivent éviter les contacts avec les corps des personnes décédées.
Les funérailles doivent être organisées par des équipes spécialisées. ACP/C.L.

