Éditorial : choc culturel et mission…

Kinshasa, 28 mai 2026 (ACP)- La démocratie comporte des vertus que tout le monde adore. Mais aussi des contraintes auxquelles il faut répondre avec lucidité et responsabilité. Elle exige enfin et surtout des convictions fortes et enracinées sur lesquelles se bâtissent la règle de la majoritè, la tolérance et l’acceptation des différences.

La République Démocratique du Congo se trouve à la croisée des chemins. L’opposition, ou ce qui en tient lieu, a fait la semaine dernière la démonstration de sa vraie dimension au Centre culturel Boboto, en ne réunissant que quelques phalanges dans une salle aux allures d’une boîte de sardines. Entre regards sournois et egos surdimensionnés, la mobilisation s’est lamentablement fracassée sur le mur des agendas cachés et de l’hypocrisie des ambitions divergentes. Il n’a pas non plus manqué la petite malice de Sauvons la RDC, qui s’est glissée dans la mise en scène pour rappeler à quel point la coalition C64, en dépit des apparences, ne peut évoluer sans lr leadership de nuisance de l’ancien chef de l’Etat rd congolais.

Personne n’a été non plus surpris face à une prohétie annoncée sous les couleurs de la malédiction. Particulièrement quand l’Eglise catholique a jugé bon de ne pas s’exonérer du péché de la division, annonçant urbi et orbi vouloir ceindre l’épée et le goupillon pour se joindre à la croisade anti-changement de la Constitution, avec tous les risques de pousser ceux qui en disposent encore et toujours à déployer à leur tour des armes non conventionnelles.

C’est une erreur, pour les observateurs avertis, que la Sainte Eglise Romaine décide, en dépit du bon sens, de soulever la soutane pour présenter à la ville et au monde ses tristes bijoux de famille, offrant malheureusement, avec une rare volupté, les effluves équivoques du péché de l’orgueil et de la chair, tout en rejetant du coup l’option de se positionner au milieu du village.

C’était également un péché capital de laisser croire que le sinistre ancien ministre belge des affaires étrangères, du nom de Louis Michel, avec ses casseroles pourries, pouvait prôner la vertu et donner des leçons de morale que son passé aussi fantasque que sulfureux ne peut pourtant lui permettre. C’était, enfin, inimaginable, de laisser croire que l’ancien président Joseph Kabila Kabange, affublé du Twiganero de service Moīse Nyarugabo, pouvait, sans dommage, s’inviter au débat sans avoir réussi à se débarasser du crime d’être la tête de pont de Paul Kagamé et de l’aventurisme rwandais sur le territoire congolais.

Voilà, en partant du principe que le débat est consubstantiel à la démocratie, pourquoi il est aisé, au plan tant politique que sociologique, d’anticiper le raz de marée à venir du camp des partisans du changement ou révision de la Constitution.

Les arguments ne manquent pas : il faut évacuer les faiblesses institutionnelles et les ingérences des puissances étrangères; il faut réduire le train de vie de l’Etat.

Aussi et surtout, il faut consolider les partenariats pour le développement et asseoir les fondements d’une sécurité pérenne pour les générations actuelles et celles à venir.

Après la démonstration de ce qui tient lieu d’opposition, les Congolais de tous les coins du vieux continent vont battre le pavé pour lancer leur message en faveur du hangement de la constitution. Le 05 juin prochain sera le tour, sur le bitume de Kinshasa, des églises de réveil du Congo et de la Nouvelle Société Civile du Congo, de rappeler de quel côté souffle le vent.

Alors que les bruits de bottes secouaient déjà la cité minière de Rubaya pour récupérer les titres sur le coltan promis aux Etats-Unis d’Amérique, le monde était surpris d’entendre des slogans scandant l’appartenance de la RDC à des « Congolais » venus de nulle part et d’ailleurs à la fois. Un véritable choc cultuel qui appelle, tel le vent du boulet, l’urgence d’une nouvelle ou d’une Constitution assainie, fondatrice d’une nouvelle République et l’importance de la « mission » dont seront chargés ses initiateurs ainsi que ses animateuts

Bienvenu-Marie Bakumanya.

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