Kinshasa, 2 septembre 2025 (ACP)-Thabo Mbeki, le flou bizarre !
Patrick Muyaya Katembwe, ministre de la Communication et médias, porte-parole du gouvernement de la République démocratique du Congo, avait ouvert le bal du refus de la Conférence de paix dans un pays où cet ex Chef d’Etat a justifié à la pelle agression, massacre et pillage. Puis, le Président de la République, Felix Antoine Tshisekedi, l’a cloué samedi devant le Congrès de l’Union Sacrée, sa famille politique. Il n’y aura jamais de dialogue que celui convoqué en temps et en heure, par lui-même. Une fin de non-recevoir qui aurait pu être moins frustrante pour certains. Mais il y a des choses qui doivent être dites clairement et sans ambages afin que nul n’en ignore et que chacun redécouvre ses propres limites.
Embouchant la même rhétorique, l’opposant Martin Fayulu trouve « flou », la démarche Mbeki qui cache sous la table la liste des panelistes et des invités, les thématiques, etc. Un flou qui plonge l’opposant congolais dans la perplexité.
L’éternel Thabo Mbeki a tenté de revenir de manière spectaculaire au-devant de l’actualité et attirer sur lui les projecteurs de la scène mondiale. Le théâtre choisi par l’ancien président sud-africain pour se rappeler au souvenir de tous, était le terrain hanté et glissant de la RDC.
Entre le ciel et l’enfer, les Congolais ne voyaient pas, ni de qui le leader sud-africain tenait le mandat, ni quelle était réellement sa mission. Il suffisait seulement de se plier en se rappelant les tristes exploits du Dialogue Intercongolais version Sun City I et II. Quitte à rouler, encore une fois, les Congolais dans la farine des compromissions et le cocktail toujours infini de sang et des larmes. Pourvu que l’orgueil du leader Xhosa, sa haine et son orgueil légendaire y trouvent leur compte.
La partialité de M. Mbeki suffisait pourtant à semer le doute sur la crédibilité d’un médiateur n’ayant pas hésité à jeter les Congolais les uns contre les autres en proclamant, urbi et orbi, que le pouvoir en RDC était confisqué par une tribu, légitimant du coup l’agression rwandaise, mais aussi l’ambition de son ami Paul Kagame déterminé à réécrire l’histoire de la région des Grands Lacs et à redéfinir les frontières héritées de la colonisation.
Voilà les détours ambigus d’un certain panafricanisme à la sauce Mbeki; voilà les contours flous d’une renaissance africaine fondée sur de nouvelles guerres coloniales, des pillages des ressources du sol et du sous-sol congolais jamais documentés par la Fondation Thabo Mbeki. Des viols, des déracinements des populations, enfin des portefeuilles ministériels et des concessions minières comme primes à la criminalité, tout y passe.
En dépit des rapports pertinents des experts des Nations Unies, le panafricanisme de l’ex-président Mbeki n’a jamais réussi à faire preuve de ses ressources morales pour élever la voix, condamner l’agression et appeler à la réparation. Sa seule solution aux multiples souffrances des Congolais consiste à fermer les yeux sur le massacre des soldats sud-africains par les forces spéciales rwandaises à Goma, à mélanger dans une conférence fourre-tout tueurs et victimes sélectionnés sur la base de critères personnels sinon fantaisistes dictés par le chant sonnant et trébuchant des minerais du sang transformés en deniers de Judas, et gérés dans le Katanga par un neveu plus que sulfureux.
Le scandale résidait dans le fait qu’aucun Congolais n’a jamais demandé à M. Mbeki d’organiser une conférence dont il aurait été le seul à tirer la gloriole. La réponse devait du coup être cinglante, à la mesure de la forfaiture. Ce fut d’abord « un non, merci » catégorique, dont le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, s’est chargé de lui communiquer la teneur par les voies qui lui sont particulières. Le président de la République, Félix Tshisekedi, s’est chargé d’enfoncer le clou le week-end devant l’Union Sacrée de la Nation. L’opposant Fayulu y a ajouté sa couche. Et la messe à été dite, au grand dam d’un ancien président sud-africain qui n’a jamais réussi à mettre de la distance entre les événements qu’il cherche à manipuler et ses propres intérêts qu’il tient tant à protéger au prix du sang des innocents.
Thabo Mbeki ressemble comme deux gouttes d’eau à un autre ancien président africain, nigérian celui-là, dont la carrière consiste désormais à vivre dans les avions, à errer dans les couloirs des hôtels 5 étoiles comme une âme en détresse, à tirer les ficelles qui font et défont les régimes, à se gaver enfin du sang de ceux qui ont le malheur de se trouver sur la route de ses intérêts.
Le « non, merci » de Kinshasa a été si retentissant qu’il autorise désormais de se demander dans quelle mer M. Mbeki ira se jeter avec une médiation dont seuls les criminels et leurs complices chantent les mérites. Ou si, toute honte bue, il est en mesure de s’imposer par la force !
Quand c’est flou, le Congolais ne s’interdit jamais de prendre ses distances et le clamer haut son refus.
Bienvenu-Marie Bakumanya.

