Kinshasa, 1er mai 2026 (ACP)-Le sénateur Faustin Luanga de la République démocratique du Congo a préconisé des formations à l’enseignement supérieur et universitaire en fonction des réalités congolaises, valorisant les secteurs stratégiques, pour réformer ce secteur déjà en inadéquation structurelle entre l’offre éducative et les besoins du pays, selon une note d’information consultée à l’ACP vendredi.
« La RDC est un pays-solutions, nous avons les forêts, l’agriculture, l’eau,. C’est un pays qui a la deuxième grande forêt tropicale du monde, bref une biodiversité. Il devrait disposer d’institutions d’excellence en agronomie, foresterie, environnement, biologie, maritime et foresterie génétique, économie verte. Ces domaines sont au cœur de transition écologique mondiale et représentent des opportunités économiques majeures pour la RDC. L’école doit former à fonctions des réalités congolaises, valorisant ces secteurs stratégiques », lit-on dans ce document également présenté au cours de la dernière séance plénière à la Chambre haute du Parlement, axée sur la question orale avec débat posée à la ministre nationale de l’Enseignement supérieur, universitaire, recherche scientifique et innovation.
Former pour valoriser le scandale géologique congolais
Pour le sénateur Luanga, la RDC qui est un scandale géologique, riche en matières stratégiques (cobalt, cuivre et autres), devrait former massivement des ingénieurs des mines, géologie, métallurgie industrielle.
Selon lui, l’exécutif devrait chaque année fixer le nombre des ingénieurs à former et mettre des moyens quant à ce.
Quid des écoles de médecine tropicale ?
Le sénateur a fait remarquer, par ailleurs, que la RDC qui dispose d’une forêt équatoriale devrait aussi penser aux maladies tropicales. A ce sujet, a-t-il préconisé, la formation des médecins spécialistes et chercheurs dans ce domaine.
De la valorisation des métiers intermédiaires
A en croire cet élu des élus de la province du Maniema, une nation ne se construit pas uniquement avec des élites universitaires. Les artisans, les mécaniciens, techniciens, électriciens, maçons, menuisiers, agriculteurs formés, sont aussi susceptibles de constituer l’ossature d’une économie productive de la RDC.
Dans un autre registre, le sénateur a prouvé qu’on ne peut pas reconstruire l’université, sans reconstruire les formateurs. « La réforme universitaire ne peut pas réussir sans une transformation profonde des corps enseignants. La qualité d’un système éducatif ne peut dépasser celle de ses enseignants. La RDC doit investir massivement dans la formation initiale et continue des enseignants. Leur rémunération, leur statut social, leur accompagnement pédagogique », a-t-il soutenu, avant d’inviter le gouvernement à s’occuper comme il se doit des enseignants de toutes les catégories.
Du diagnostic du sénateur
Le sénateur Luanga dit dans sa note être parti d’un constat déplorable selon lequel, l’éducation qui est une matrice pour la transformation nationale, n’a plus sa valeur en RDC.
« Malgré son immense potentiel humain et naturel, la RDC demeure malheureusement prisonnier d’un modèle éducatif fragmenté et souvent déconnecté des réalités socioéconomiques contemporaines du monde », a fait remarquer l’élu des élus provinciaux.
« Aucune nation au monde ne s’est développée sans un système éducatif solide, cohérent et orienté vers des projets de société », a-t-il indiqué.
D’après lui, l’école congolaise produit des diplômés chaque année, mais rarement des compétences. « Elle certifie des parcours mais peine à former les citoyens capables de transformer leur environnement. Cette inadéquation structurelle entre l’offre éducative et les besoins du pays, constitue l’un des obstacles majeurs à l’émergence de la RDC », a-t-il déploré.
« La RDC a un système éducatif en déphasage avec des besoins nationaux. Une formation déconnectée des marchés de travail. Nous avons un système éducatif congolais qui continue de produire des milliers des diplômés dont les profils ne correspondent ni au besoin du marché de travail, ni aux priorités stratégiques du pays. Cette situation qui crée un paradoxe. Un chômage massif des jeunes coexiste avec une pénurie criante des compétences techniques, scientifiques et professionnelles. Nous avons une école sans vision nationale. L’éducation congolaise souffre d’un manque de cohérence stratégique et ne s’inscrit pas dans un projet national clair, elle ne répond pas à une vision de long terme et ne prépare pas les citoyens capables de relever les défis contemporains comme transition écologique, transformation numérique, industrialisation, gouvernance, innovation… s’est indigné le sénateur Faustin Luanga qui a en outre invité le gouvernement à mettre un terme à la disparité des primes dans l’administration publique. « Les fonctionnaires ont des primes dans d’autres ministère sauf en enseignement supérieur », a-t-il condamné.
Rappelons que Mme la ministre sectorielle Marie-Thérèse Sombo est encore attendue devant l’assemblée plénière de la Chambre des Sages pour rencontrer les préoccupations de 25 sénateurs au total, à la suite de la question orale avec débat du sénateur Patrice Pungwe sur l’amélioration de l’enseignement supérieur en RDC
ACP/Célestin Lutete

